Ce jeudi 16 janvier 2025, les places sont chères pour entrer dans l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce, dans le 5e arrondissement de Paris. La nef ne peut contenir que 400 personnes. Bien trop peu pour la messe qui se tient ce matin-là, en hommage à Jean-Marie Le Pen. Les agents du service d’ordre du Rassemblement national (RN) filtrent scrupuleusement les entrées. Quant aux journalistes, interdiction leur est faite de pénétrer dans le bâtiment. C’est du parvis qu’ils suivent, sur des écrans géants, l’ancien aumônier militaire Christophe Kowalczyk se livrer à une charge virulente contre « les spécialistes du jugement » et « les intellectuels de service », coupables selon lui d’avoir diffamé Le Pen tout au long de sa vie.
L’un des plus éminents spécialistes de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, a cependant été convié à l’intérieur de l’église. Depuis presque trente-cinq ans, au fil de neuf livres et de nombreuses contributions à des ouvrages collectifs, il dissèque les arcanes de la formation lepéniste. Fort du titre de codirecteur de l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP) au sein du think tank social-démocrate Fondation Jean Jaurès, il a longtemps fait autorité sur son sujet et compte parmi les experts les plus régulièrement sollicités par les médias pour intervenir sur la question des droites radicales.
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