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« Dans cette heure qui, pour nous tous, est une heure d’anxiété tragique, sachons nous abstenir des mots qui blessent, qui déchirent, de tout ce qui serait déchirement fratricide. Je vous dis cela parce que c’est sans doute la dernière fois que je m’adresse à beaucoup d’entre vous et parce qu’il faut pourtant que cela soit dit. » Lorsque ce plaidoyer de Léon Blum pour un socialisme tempéré se fait entendre au Théâtre du Soleil, on tend l’oreille. Bien sûr, cette parole prononcée en 1920 est d’abord et avant tout politique. Mais n’est-elle pas, aussi, un peu intime ? Ne dit-elle pas, aussi, le besoin d’apaisement d’un Théâtre du Soleil qui, depuis plusieurs mois, fait face à des révélations d’agression sexuelle ayant eu lieu dans ses murs ?

Cette page épineuse se tournera peut-être avec l’audit externe demandé par le ministère de la culture, qui doit, fin mars, livrer les conclusions sur les responsabilités des uns et des autres. En attendant, l’art vient de reprendre magistralement ses droits à la Cartoucherie du bois de Vincennes, à Paris 12e. En se situant à un niveau d’exigence intellectuelle maximale, Ici sont les dragons. Deuxième époque, spectacle tout juste créé, renvoie au public l’image d’un collectif exemplaire de lucidité, qui saisit le mal à la racine.

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