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« La Famille Rosenthal » (Fervour), de Toby Lloyd, traduit de l’anglais par Jean Esch, Gallimard, « Du monde entier », 368 p., 23,50 €, numérique 17 €.

Le titre anglais, Fervour, parle de dévotion totale et de feu – les flammes constituent un motif récurrent du premier roman de Toby Lloyd. Le titre français, La Famille Rosenthal, semble faire signe au film La Famille Tenenbaum (2001), de Wes Anderson, et à ce qu’il draine d’imaginaire burlesque, de folie douce-amère, avec son histoire de clan dysfonctionnel où il est difficile d’établir qui, des parents ou des enfants, va le plus mal ; la question se pose aussi chez les Rosenthal.

Cette divergence des titres témoigne du caractère inclassable de ce livre formidablement intelligent et d’une épatante efficacité narrative. Il est à la fois une tragi-comédie familiale, un roman de campus (de nombreux chapitres se déroulent à l’université d’Oxford), une fiction horrifique croisant L’Exorciste, de Friedkin (1973), et la Bible, une exploration de l’identité juive et de sa diversité, dans le sillage d’écrivains tels que les Américains Meyer ­Levin (1905-1981), Philip Roth (1933-2018) ou Cynthia Ozick…

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