Le 9 mars, le secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, a déclaré que la guerre contre l’Iran ne faisait que commencer. Puis, quelques minutes plus tard, Donald Trump a affirmé qu’elle était terminée. Interrogé par un journaliste qui lui demandait si elle en était au début ou à la fin, ce dernier a répondu : « Les deux. » D’un interlocuteur à un autre, le président des Etats-Unis change sa réponse. Chaque jour, à chaque instant, sa parole varie. Voire dans le même instant. La seule certitude, c’est que, pendant ce temps, à Khirbet Abou Falah, près de Ramallah, deux Palestiniens de plus ont été tués par des colons. Puis l’armée israélienne est arrivée. Et au lieu d’arrêter les colons, elle a aspergé de gaz lacrymogène tout le monde. Un troisième Palestinien est mort asphyxié.
Il n’y a pas de cessez-le-feu ici. Plus tard, l’armée israélienne a attaqué une famille palestinienne dans une voiture civile dans le village de Tammoun, tuant le père, la mère et deux de leurs enfants. La guerre est loin d’être terminée. Elle a simplement élargi son arsenal avec de nouvelles armes. Alors que l’armée israélienne bombarde toujours Gaza, quand elle veut et autant qu’elle le veut, ainsi que le Liban, la Syrie, et maintenant même l’Iran, en Cisjordanie, après les F-35 et les M-16, on est passés à la « zone E1 ». C’est ainsi qu’Israël désigne un projet d’extension d’une colonie près de Jérusalem – pour laquelle il y a eu, le 10 décembre 2025, un appel d’offres pour 3 401 unités de logement – qui viendra couper la Cisjordanie en deux. Séparant le sud du nord. Et effaçant toute perspective d’un Etat palestinien. Ce n’est plus une question de politique, mais de géographie.
Mais ce sont des enjeux complexes. Et c’est l’atout principal d’Israël. Le monde pourra-t-il être attentif à ce qui se passe dans la zone E1 alors que les journaux consacrent leurs unes à l’Iran ? Ou à l’Ukraine ? Ou aux droits de douane de Trump ? Et pourtant, c’est là que tout se joue. Tous les sujets sont abordés dans les médias ces jours-ci, sauf la Palestine, où tout a pourtant commencé. Et sans laquelle rien ne finira vraiment.
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