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Un troisième procès Nicolas Zepeda, lorsque l’on a déjà suivi les deux premiers, au printemps 2022, puis en décembre 2023, c’est particulier. Tout est familier. L’accusé n’a ni grossi ni maigri, son visage a peut-être perdu un peu de rondeur, ses cheveux épais sont toujours aussi sombres, sa voix a la même tessiture.

On retrouve, intactes, son attitude déférente à l’égard de la cour – « Oui, Monsieur le président », « absolument, Monsieur le président » –, l’aisance détachée, et exprimée dans un français désormais absolument courant, avec laquelle il raconte son enfance « heureuse dans une famille aimante », sa scolarité « dans une école Montessori », ses études supérieures où, dit-il, il est un étudiant brillant et curieux, son séjour aux Etats-Unis « très utile », puis dans une université japonaise, « avec une bourse du gouvernement ». Vient ensuite, tout aussi fluide, le récit de sa rencontre avec Narumi Kurosaki. Et bien sûr, on reconnaît, à la virgule près, ces mots, toujours les mêmes – « Je suis innocent, je n’ai pas tué Narumi » – qu’il a répétés, mardi matin 17 mars, à l’ouverture de l’audience devant la cour d’assises du Rhône, à Lyon.

Familiers aussi, au premier rang, le visage doublement dissimulé derrière un masque et sous une frange de cheveux noirs, de la mère de Narumi Kurosaki et l’enveloppe brodée serrée contre sa poitrine, dont on sait qu’elle abrite le portrait de sa fille à jamais disparue à Besançon, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. De l’étudiante japonaise figée dans ses 21 ans, on connaît aussi les deux sœurs cadettes, Kurumi et Honami, même air grave, même retenue.

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Familiers encore, les interprètes en langue japonaise. Ils assuraient la traduction en première instance à Besançon, on les avait revus en appel à Vesoul, ils ont repris du service à Lyon. Leurs collègues qui traduisent en espagnol sont pour l’heure désœuvrés, la famille chilienne de l’accusé n’est pas encore arrivée. Les envoyés spéciaux chiliens, eux, sont là, qui multiplient avec une égale passion les directs depuis la salle des pas perdus. On attend pour plus tard les équipes japonaises.

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