A quelques minutes de l’annonce des résultats provisoires du premier tour des élections municipales à Paris, dimanche 15 mars, Saïd Benmouffok est encore en plein calcul, jonglant entre les additions de la gauche et les divisions de la droite. Le chef de file de Place publique dans la capitale, qui a rejoint la liste d’union de la gauche hors La France insoumise (LFI), dirigée par Emmanuel Grégoire (Parti socialiste, PS), déroule son raisonnement arithmétique : « L’important, c’est l’écart entre nous et Rachida Dati [Les Républicains, LR]. Si Pierre-Yves Bournazel [Horizons] fait moins que prévu dans les sondages, cela veut dire qu’il a déjà perdu ceux qui veulent à tout prix l’alternance et que le reste de son électorat est modéré et peut se porter en partie chez nous au second tour. Dans l’électorat de Sophia Chikirou [LFI], même si elle se maintient au second tour, il y aura de toute façon un report vers Emmanuel Grégoire par réflexe de vote utile. Si l’on sort du premier tour avec au moins 5 points d’écart devant Rachida Dati, on est dans une position confortable », estime-t-il.
Les résultats vont aller au-delà de ses espérances : avec 37,98 %, Emmanuel Grégoire a très largement distancé sa principale adversaire, Rachida Dati (25,46 %). Dans un mouchoir de poche, les trois suivants passent de peu la barre de 10 % nécessaire pour se maintenir au second tour : 11,72 % pour Sophia Chikirou (LFI), 11,34 % pour Pierre-Yves Bournazel et 10,4 % pour Sarah Knafo (Reconquête !). Interrogé à l’aune de ces premiers scores, Saïd Benmouffok prend quelques secondes, sourit et choisit la litote : « Disons que c’est un scénario encourageant… »
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