Meilleures Actions

Je suis doctorant en histoire de la philosophie à l’université de Lille depuis deux ans et demi. J’ai 28 ans et je gagne 2 000 euros net par mois. Le salaire des doctorants contractuels est le même pour tous. Sans enseignement, je toucherais environ 1 800 euros. Les 200 euros supplémentaires correspondent à 64 heures de cours par an à l’université.

Pour mon niveau d’études, c’est correct. Les contrats ont d’ailleurs été revalorisés ces dernières années. Mais en tant qu’agrégé, je gagnerais au moins 500 euros de plus par mois dans un lycée, sans doute pour moins d’heures.

En y pensant, je me suis engagé dans la recherche sans vraiment me demander quel niveau de vie j’aurais plus tard. Si j’avais raisonné uniquement en termes de salaire, je n’aurais probablement pas fait ce choix. Mes études m’ont appris à placer le service public au-dessus de la logique du profit. Mes parents, eux, m’ont encouragé à choisir ce qui me passionne plutôt qu’une situation confortable.

J’ai grandi en Normandie, dans une famille de la classe moyenne. Mes parents, comptables et sans longues études, ne nous ont jamais vraiment parlé d’argent ni d’éducation financière. L’argent n’était ni un objectif, ni un sujet central. Chez nous, réussir sa vie, c’était d’abord réussir à l’école. J’ai grandi avec cette idée. J’ai aimé les études, naturellement. J’ai été un « premier de classe » dans un lycée ordinaire. J’ai choisi la filière scientifique, parce que c’est là qu’on envoyait les bons élèves. En terminale, mes professeurs et les conseillers d’orientation me poussaient vers une prépa scientifique. Je n’aimais pas particulièrement les maths, mais je pensais faire médecine, pourquoi pas même psychiatrie.

Il vous reste 74.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.