Ils étaient nombreux, dimanche 15 mars, à se projeter bien au-delà des résultats du premier tour des élections municipales. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, n’a pas tardé à mettre dans la même phrase ces deux échéances : « Le changement n’attend pas 2027, il commence dès dimanche prochain. »
Pour les états-majors des partis, l’élection présidentielle se prépare dans cet entre-deux-tours qui s’est ouvert dimanche, comme un laboratoire des rapports de force. De quoi poser un paysage, dessiner les contours d’alliances futures. Un paysage qui renoue, beaucoup, avec le clivage gauche-droite, sur fond d’effacement du parti présidentiel, Renaissance.
Pendant une semaine, extrême droite et droite testeront leur alliance ou le maintien d’une paroi de moins en moins étanche entre elles, tandis qu’à gauche, le Parti socialiste (PS), qui semble en mesure de préserver son ancrage, devra composer avec la percée de La France insoumise (LFI) dans des villes et métropoles, de Roubaix (Nord) à Marseille, en passant par Toulouse.
Parfois pris en tenaille dans ce double enjeu – gagner des villes d’un côté, se mettre en ordre pour 2027 de l’autre – les cadres des partis se sont empressés, dimanche, de prendre la parole pour être les premiers à tirer les leçons du scrutin, à imposer leur grille de lecture et à envoyer quelques messages à des rivaux parfois vite devenus de potentiels alliés.
« Partout où le contexte local le permet, le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent le désordre de l’extrême gauche et la dilution dans le macronisme », a ainsi déclaré le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella.
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