« Le Sport en procès. Quand le droit dicte les règles du jeu », 1890-1940, de Julien Sorez, CNRS Editions, 390 p., 26 €, numérique 19 €.
A la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe, la pratique du sport se diffuse largement en France comme dans l’ensemble des pays occidentaux. Ce qui était au départ l’apanage de certaines élites sociales, qui pratiquaient en amateur en cultivant l’entre-soi, gagne l’ensemble de la société. Le sport – courses cyclistes, combats de boxe, matchs de rugby ou de football – devient un spectacle populaire, des fédérations se forment et des individus commencent à être liés par contrat avec celles-ci et avec des clubs.
Ce basculement social et culturel de grande ampleur vers l’essor des pratiques sportives, leur mise en spectacle et le passage au professionnalisme ne se sont pas faits sans conflit. Dès 1924, le professeur de droit Pierre Garraud le constatait : le sport, « élément nouveau de la vie sociale, doit forcément réagir sur le droit, dont c’est précisément le rôle d’ordonner les rapports sociaux, en suivant leurs transformations et en s’adaptant à leur nouveauté ». Cette rencontre entre deux mondes en recherche de règles, le sport et le droit, est précisément l’objet de l’enquête originale de l’historien Julien Sorez, Le Sport en procès.
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