Lorsqu’ils regardent vers les cimes, ils voient tous les symptômes d’une forêt malade. Ici, un chêne pédonculé, mort ; là, un charme, mort ; des tilleuls qui dépérissent ; un immense hêtre mangé par des champignons. Mais les forestiers qui veillent sur le domaine de Chantilly (Oise), à une quarantaine de kilomètres au nord de Paris, regardent aussi « par le bas ».
« Ce qui nous intéresse pour la forêt de demain, c’est ça, dit Christophe Launay, directeur technique forêt et chasse du château de Chantilly, en désignant un taillis de ronces et de jeunes pousses de charmes, chênes, pins et bouleaux, à hauteur d’homme. C’est ici qu’on installe le décor du futur. »
Chantilly, comme une grande partie des forêts françaises, est percutée par le réchauffement climatique. Mais, ici, la crise a frappé particulièrement fort, et tôt. A partir des années 2000, de grands arbres commencent à dépérir et les plantations à échouer. En 2019, un constat « un peu inédit et très grave » est dressé, rappelle Daisy Copeaux, la directrice du domaine forestier et immobilier du château : plus de la moitié des chênes pédonculés, l’essence majoritaire, sont dépérissants, soit près de 50 000 arbres.
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