Les Bleus du rugby sont fixés, et ils peuvent avoir le sourire. Samedi 14 mars, à quelques heures de leur crunch face à l’Angleterre, au Stade de France (21 h 10), dans le cadre du Tournoi des six nations, ils avaient probablement un œil sur la rencontre entre l’Ecosse (deuxième avec autant de points que la France) et l’Irlande (troisième, avec deux points de retard), qui se tenait à Dublin.
En cas de victoire du XV du Chardon, les hommes de Fabien Galthié auraient peut-être dû, en plus des crampons, sortir les calculatrices face au XV de la Rose, et s’imposer avec le point de bonus offensif pour être titrés, voire avec un certain écart au score. Finalement, la donne sera assez simple pour Antoine Dupont et ses coéquipiers : une victoire, samedi soir, leur permettra de conserver leur titre, une première pour le XV de France depuis les saisons 2006 et 2007.
En effet, les Irlandais ont largement surclassé les Ecossais devant leur public (43-21), réduisant à néant les rêves du XV du Chardon. Les hommes d’Andy Farrell dépassent du même coup les Bleus au classement, mais de trois points seulement (une victoire en rapporte quatre).
Le 5 février, pas grand monde n’imaginait pourtant le XV du Trèfle être encore en position de briguer le titre après son dernier match. Ce soir-là, les Irlandais semblaient plutôt partis pour un tournoi des plus compliqués, en s’inclinant dans les grandes largeurs face au XV de France (36-14). Vieillissante, cette génération était apparue à court de solutions dans tous les secteurs du jeu, et ses jeunes pousses, comme l’ouvreur Sam Prendergast, loin du compte.
Depuis, le numéro 10 du Leinster s’est vu retirer les clés du jeu, qui ont été confiées à celui du Munster, Jack Crowley. Et les Irlandais ont peu à peu retrouvé de l’allant, enchaînant les victoires face à l’Italie, à l’Angleterre, au Pays de Galles, et donc l’Ecosse, samedi. Un dernier succès contre le XV du Chardon qui n’a pas mis longtemps à se dessiner, les locaux prenant l’avantage dès la troisième minute, grâce à un essai de l’arrière Jamie Osborne, pour ne plus le perdre jusqu’au terme de la rencontre.
Des Ecossais trop irréguliers
Les Ecossais – qui n’ont toujours pas remporté la compétition depuis l’intégration de l’Italie, en 2000 – ont bien tenté de réagir en seconde période. Les essais de l’ouvreur Finn Russell et du troisième-ligne Rory Darge leur ont même permis de revenir à cinq points, à vingt minutes du coup de sifflet final. Cependant, les Irlandais sont parvenus à accélérer, en entrant deux fois de plus dans l’en-but de leurs adversaires, à qui ils ne laissent, en définitive, aucun point de bonus.
Une fois encore, les Ecossais terminent un Tournoi des six nations avec la désagréable impression d’être passés à côté d’une belle occasion. Menée par Sione Tuipulotu, cette équipe est capable de grandes performances – les Bleus peuvent en témoigner, eux qui ont vu défiler les essais, samedi 7 mars, à Edimbourg (50-40) – comme les désillusions, à l’image de ce revers en Irlande ou de celui subi en Italie, lors de la première journée.
Trop irréguliers, les joueurs du sélectionneur Gregor Townsend n’ont donc pas réussi à s’immiscer dans un palmarès devenu la chasse gardée des Français et des Irlandais, qui se sont déjà partagé les quatre dernières éditions du tournoi. Ils ne se consoleront même pas en rentrant au pays avec la Triple couronne, un trophée qui les oppose chaque saison à l’Angleterre, au Pays de Galles et à l’Irlande.












