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Emmanuel Macron devra attendre la prochaine session du Conseil européen prévue les 19 et 20 mars, pour remettre sur la table des discussions le sujet des eurobonds, ces titres d’emprunts que les Etats de la zone euro pourraient émettre en commun pour financer leurs investissements d’avenir. Malgré l’appel qu’il a lancé dans la presse européenne à ses homologues, le sujet n’a pas percé lors du séminaire informel du 12 février au château belge d’Alden Beisen, où le président du Conseil européen, Antonio Costa, les avait tous conviés pour discuter de compétitivité et de résilience.

Le consensus n’a pas été difficile à obtenir sur « l’ambitieux programme de simplification » que mène la Commission européenne à coups de textes législatifs dits « omnibus », sur « l’accélération de l’union de l’épargne et des investissements », ou encore sur le constat alarmant du « manque d’investissements en Europe ». En revanche, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union peinent toujours autant à s’entendre sur la part nécessaire d’investissements publics et sur les instruments de financement pour les réaliser.

Ce manque de consensus est d’abord un manque de cohérence, car on voit mal comment la fragmentation des marchés de capitaux européens pourra se réduire tant qu’il n’existera pas un actif financier souverain européen commun, l’eurobond. A ne jurer que par les marchés de la dette privée, nos dirigeants européens en oublient que si ces marchés-là sont autant fragmentés en Europe, c’est parce que ceux de la dette publique le sont aussi. Aujourd’hui, chacun des 20 pays qui partagent l’euro émet sa propre dette : ces 20 courbes des taux sont comme autant de lignes de fragmentation.

L’eurobond est la clé de voûte de l’unification des marchés européens. En fournissant aux investisseurs un actif sûr de référence commun, un collatéral homogène et une courbe des taux unique, il élargirait et approfondirait les marchés de la dette européenne, comme l’a souligné dans une interview à Politico Joachim Nagel, le président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, apportant un soutien inattendu à l’appel lancé par Emmanuel Macron et sans craindre le désaccord sur le sujet avec le chancelier, Friedrich Merz.

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