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Un film bioplastique en carapace de crevette, résistant à l’eau et biodégradable ! Cet objet, à l’état de prototype, est décrit par une équipe scientifique transdisciplinaire dans Nature Communications. « Jusqu’à présent, les biomatériaux imaginés pour se substituer aux plastiques présentaient un inconvénient majeur, ils s’affaiblissaient une fois exposés à l’eau », explique Javier G. Fernandez, professeur à l’Institut de bio-ingénierie de Catalogne. Pour contrer le problème, cette équipe a ajouté du nickel au chitosane présent dans des carapaces de crevette. « Le chitosane dopé au nickel se comporte moins comme un plastique conventionnel que comme un réseau “vivant” où l’eau devient un composant structurel actif, formant des ponts réversibles entre les chaînes polymères qui se rompent et se reforment rapidement sous contrainte. »

Lors de cette recherche qui a duré plus de deux ans, « la principale difficulté est venue de l’architecture finale du réseau polymère et des emplacements où les ions nickel se stabilisent avec les molécules d’eau. Cela n’apparaît qu’après la formation du film [bioplastique], il est donc difficile de “placer” le nickel uniquement là où il est nécessaire pendant la fabrication ».

L’approche menant à ce résultat est disruptive, explique en substance le chercheur. « L’hypothèse dominante dans la conception de matériaux résistants à l’eau est que ceux-ci soient inertes afin qu’ils puissent être isolés de l’environnement. Nous avons délibérément pris la voie opposée. Le matériau est intégré à son environnement humide et cela a permis d’améliorer sa résistance. » Point important, ajoute-t-il, le procédé ne modifie pas la nature biologique du chitosane. Celui-ci « reste biologiquement pur aux yeux de la nature, ce qui permet une possible réintégration dans les cycles écologiques naturels ».

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