Le pétrole, le gaz naturel liquéfié (GNL) ou les engrais ne sont pas les seules matières premières dont la production et le transport sont perturbés par la guerre au Moyen-Orient au risque de menacer l’économie mondiale. Depuis quelques jours, le secteur des semi-conducteurs s’inquiète de possibles pénuries d’hélium dans le cas où le conflit venait à durer. Ce gaz rare est utilisé dans la fabrication et la gravure des plaques de silicium. Environ un tiers de son approvisionnement mondial est assuré par le Qatar, selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis.
Depuis une attaque de drones survenue le 2 mars, la gigantesque usine qatarie de liquéfaction de gaz naturel de Ras Laffan est à l’arrêt, provoquant la fermeture de deux des trois sites de récupération d’hélium que compte l’émirat. Le troisième était déjà à l’arrêt pour une opération de maintenance. L’hélium est récupéré lors de l’extraction ou de la liquéfaction du gaz naturel. Son exportation par navire vers l’Asie, où se trouvent les plus grandes usines de semi-conducteurs, est aussi perturbée par la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart des volumes annuels d’hélium. Conséquence, selon le cabinet américain Kornbluth Helium Consulting, les prix de ce gaz rare ont doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, ce qui risque d’alimenter un peu plus la flambée des prix de certains composants électroniques – notamment les mémoires de stockage de données –, provoquée par l’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle.
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