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Il y a dix ans, à son arrivée à Montargis (Loiret), Manirul Islam, un ingénieur informatique indien de 48 ans, ne parlait pas français et n’avait jamais touché à autre chose qu’un ordinateur. Aujourd’hui, tout le monde le connaît sur le marché de la ville sous le nom de « Moni le maraîcher », où il vend sa production de légumes, salades, fruits et plants. « La vie vous réserve quand même de drôles de surprises », rit-il doucement en regardant son champ. Originaire du Bengale-Occidental, il était venu en France pour une femme, se retrouve aujourd’hui à exploiter les terres de son beau-père et est en instance de divorce.

A l’extrémité sud de l’agglomération montargoise, Plat Net Green, la petite exploitation d’un demi-hectare, se trouve en lisière d’Amilly, là où les pavillons cèdent la place aux champs agricoles. Pourtant, à cinq minutes en voiture se trouve la grande zone commerciale de la région, surnommée « Antibes », avec ses hypermarchés, ses dizaines de boutiques et ses centaines de places de parking. C’est un mélange indéfinissable de ville et de campagne, de pavillons résidentiels et d’anciennes fermes, de hangars agricoles et de garages sous auvent entourés de statues en plâtre.

Après avoir travaillé un an à Paris, entre 2014 et 2015, dans une société d’informatique, Manirul Islam en a eu assez des allers-retours quotidiens. Quand son beau-père est parti à la retraite, il lui a proposé de reprendre le champ attenant à la ferme où il vivait avec son épouse. « J’ai toujours aimé le jardinage et les fleurs, mais en amateur, pas comme un travail. » Manirul Islam décide alors de passer un bac pro en horticulture, qu’il obtient en 2017. Il s’installe à son compte en 2018, juste avant ses 40 ans, et à temps pour toucher les aides aux jeunes agriculteurs. « La femme de la chambre d’agriculture du Loiret, qui a enregistré mon exploitation, m’a dit que c’était la première fois de sa vie qu’elle voyait un étranger non européen s’installer à son compte dans la région. Elle partait à la retraite le lendemain. »

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