Le géant de l’événementiel Live Nation s’est entendu, lundi 9 mars, avec le ministère américain de la justice (DOJ) pour mettre un terme à la procédure pour pratiques anticoncurrentielles qui visait la scission du groupe et faisait l’objet d’un procès depuis une semaine.
Il prévoit une indemnité, quelques cessions d’actifs ainsi que des actions pour ouvrir davantage le marché des concerts à la concurrence aux Etats-Unis, selon un projet d’accord versé au dossier, mais pas le démantèlement. Sous réserve de validation par le juge fédéral de New York, Arun Subramanian, cet accord mettra fin au procès qui avait démarré lundi 2 mars.
Le ministère reprochait à Live Nation d’agir en monopoliste sur le marché de l’organisation de spectacles et de la billetterie, ce dernier via sa filiale Ticketmaster, rachetée en 2010. Il était notamment accusé de forcer les artistes et les salles à s’engager avec lui, d’écarter la concurrence et d’imposer aux fans des frais trop élevés.
Le document sur lequel se sont entendus le DOJ et Live Nation « marque une étape majeure dans l’amélioration des événements que sont les concerts pour les artistes et les fans partout aux Etats-Unis », a commenté, dans un communiqué, le patron du groupe, Michael Rapino.
Pour autant, plusieurs des 39 Etats qui étaient parties prenantes dans la procédure, ont refusé de transiger, jugeant que les mesures correctives acceptées par Live Nation étaient insuffisantes, a expliqué, dans un communiqué, le bureau de la procureure de l’Etat de New York, Letitia James. Un porte-parole a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) qu’elle allait déposer un recours pour obtenir l’annulation du procès, ce qui permettrait, en cas de validation par le juge Subramanian, d’ouvrir la voie à un nouveau procès, mené cette fois par les Etats.
Un responsable du ministère de la justice a affirmé que tous les détails de l’accord n’étaient pas finalisés et que le ministère discutait avec les Etats pour éventuellement ajuster sa copie, espérant obtenir l’adhésion d’au moins une dizaine d’entre eux.
« Trahir tous les fans »
Si à l’audience, au deuxième jour du procès, le représentant du ministère, David Dahlquist, avait affirmé que « l’industrie de la billetterie (était) détraquée », beaucoup d’observateurs s’attendaient à cette issue, d’une part parce que le juge chargé du dossier avait écarté certaines accusations avant le début du procès, et d’autre part du fait de la ligne du gouvernement Trump, réticent à intervenir en matière de concurrence. Le responsable du DOJ a réfuté cette position lundi, rappelant que « la plupart des dossiers du DOJ » en matière d’antitrust donnaient lieu à un accord amiable.
« Donald Trump vient de trahir tous les fans qui sont exploités par Ticketmaster », a écrit la sénatrice démocrate Elizabeth Warren sur X. « Scinder Live Nation et Ticketmaster est la seule façon de desserrer leur étreinte sur les salles, les artistes et les fans », a ajouté sa collègue du Sénat, Amy Klobuchar, également démocrate, annonçant le dépôt d’une proposition de loi pour limiter les accords amiables en matière de concurrence.
L’accord passé avec le DOJ porte notamment sur le versement de 280 millions de dollars de dommages et intérêts, mais serait réduit si certains Etats n’y adhéraient pas, a prévenu le responsable. La transaction inclut aussi des mesures pour limiter la capacité de Live Nation à négocier avec des salles des contrats d’exclusivité pour la billetterie, ainsi que la possibilité pour d’autres promoteurs d’organiser des concerts dans des lieux contrôlés par Live Nation.
Live Nation a également accepté de céder 13 salles dont il était propriétaire, a déclaré le DOJ, parmi les 460 qu’il contrôle. Autre concession, le plafonnement à 15 % des frais prélevés sur l’achat de billets dans des salles opérées par Live Nation.
Wall Street a salué l’annonce, le titre Live Nation gagnant plus de 6 % sur la séance de lundi.













