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Au 1er février 2026, les prisons françaises comptaient 86 645 détenus, soit leur plus haut niveau, selon des données du ministère de la justice consultées, lundi 2 mars, par l’Agence France-Presse. A la même date, les prisons françaises comptaient seulement 63 289 places opérationnelles, ce qui établit le taux de densité carcérale à 136,9 %. Cette surpopulation oblige 6 596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 il y a un an.

Sur l’année passée, 5 046 détenus de plus ont intégré des établissements pénitentiaires, pour un ajout de 1 643 places supplémentaires.

Cette surpopulation concerne principalement les maisons d’arrêt (167 %), où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. En France, la surpopulation carcérale dépasse les 200 % dans 25 établissements pénitentiaires français.

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Seulement 4 500 places additionnelles livrées, sur 15 000

La France figure parmi les plus mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale. A la fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant, dans un rapport sur des visites effectuées en 2024, sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Seules la Slovénie et Chypre présentent une situation plus préoccupante sur le continent, selon une autre étude publiée par l’institution européenne, en juillet.

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Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire décrivent régulièrement un système au bord de l’explosion, cette surpopulation s’accompagnant d’un sous-effectif chronique parmi les surveillants et de l’insalubrité de nombreux lieux de détention.

Au début de janvier, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dit vouloir vaincre la surpopulation carcérale en construisant des prisons, mais en écartant toute régulation du nombre de détenus. Le garde des sceaux compte ouvrir d’ici à un an et demi 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires. Seulement 4 500 places additionnelles, sur les 15 000 prévues dans un plan lancé en 2018, ont pour le moment été livrées, reconnaissait à l’été 2025 le ministère de la justice.

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Des voix s’élèvent pour que la France, à l’instar d’autres pays européens, s’engage dans la voie de la régulation carcérale, un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation. Mais cette option est à contre-courant des discours politiques sur l’exécution des peines de détention. Le garde des sceaux a dit son opposition à une telle politique.

Le Monde avec AFP

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