Une frappe aérienne, menée par la junte birmane sur un marché villageois dans l’ouest du pays, a fait au moins 17 morts, ont signalé, mercredi 25 février, deux organisations locales, alors que le conflit s’aggrave dans cette région.
L’Armée de l’Arakan (AA), une organisation ethnique armée, a déclaré que 17 « civils innocents » avaient été tués mardi lors d’une frappe sur le village de Yoe Ngu, dans l’Etat Rakhine (ouest), tandis que le groupe civil bénévole Ponnagyun Youths Association (PYA) a estimé le nombre de morts à 18. « La scène était vraiment horrible, quatre ou cinq bâtiments ont été incendiés et de nombreux autres ont été détruits », a commenté le président de la PYA, Pyae Phyo Naing, qui s’est rendu sur les lieux après l’attaque.
Selon le jeune homme de 23 ans, « certaines personnes pleuraient tandis que de nombreux cadavres étaient éparpillés dans la zone ». « Certaines personnes fuyaient les lieux, car des maisons étaient encore en feu lorsque nous sommes arrivés », a-t-il ajouté.
Le porte-parole de la junte birmane n’a pas pu être joint pour commenter ces informations.
Crimes de guerre et atteintes aux droits humains
La Birmanie est déchirée par une guerre civile depuis le coup d’Etat de février 2021 contre le gouvernement civil élu d’Aung San Suu Kyi. Des militants pro-démocratie ayant formé des unités de guérilla combattent aux côtés de milices constituées par des minorités ethniques opposées contre le pouvoir central.
Les organisations civiles tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur la crise qui s’aggrave dans l’Etat Rakhine, frontalier du Bangladesh. Le blocus militaire, conjugué au conflit civil et aux récentes coupes massives dans l’aide internationale, a provoqué une « hausse spectaculaire de la faim et de la malnutrition » dans l’Etat, a averti le Programme alimentaire mondial l’an dernier.
Si l’armée est accusée d’avoir commis des atrocités sur ces lieux, l’Armée de l’Arakan s’est elle aussi rendue coupable d’atteintes aux droits humains, selon des observateurs qui ont recensé des cas présumés d’enlèvements, de torture et d’exécutions. L’AA s’est imposée comme l’une des factions les plus puissantes s’opposant au régime de la junte, repoussant ses troupes dans une poignée de positions encerclées dans le Rakhine, notamment à Sittwe, la capitale locale.
L’armée birmane, accusée de crimes de guerre contre des civils, a réussi à tenir grâce aux ravitaillements aériens et aux frappes menés par sa flotte de jets de fabrication chinoise et russe.














