« Ne jamais trembler » (Never Flinch), de Stephen King, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, éd. Albin Michel, 528 p., 24,90 €, numérique 17 €.
Sa longue carrière d’écrivain prouve une chose : Stephen King, plus de soixante romans à son actif, est un grand auteur politique. On le sait depuis Dead Zone (JC Lattès, 1983), qui racontait l’histoire de Johnny Smith, professeur capable de voir l’avenir et mettant tout en œuvre pour empêcher Greg Stillson, sorte de psychopathe populiste d’extrême droite, d’arriver au pouvoir. On peut citer aussi Le Fléau (notamment la réédition augmentée de 1991, JC Lattès), où une pandémie force les rares survivants à s’organiser et à poser les prémices d’une société future, démocratique ou dictatoriale ; ou encore Running Man (sous le pseudonyme de Richard Bachman, éd. Albin Michel, 1987), dystopie dénonçant la société du spectacle. Bref, chez le « maître de l’horreur », les véritables monstres sont les leaders populistes d’extrême droite, racistes, bigots et hypocrites. Ne jamais trembler le montre une nouvelle fois.
Le roman est la suite de Holly (éd. Albin Michel, 2024, qui paraît en poche, Le Livre de poche, 672 pages, 10,90 euros). Holly Gibney – apparue la première fois dans Mr Mercedes (éd. Albin Michel, 2015) – est détective privée. Elle se met au service de Kate McKay, militante des droits des femmes, menacée pour ses positions pro-IVG. Son amie Izzy Jaynes, elle, enquête sur une série de meurtres. Des citoyens pris au hasard sont tués froidement dans la rue. L’assassin glisse dans leur main un papier avec, à chaque fois, le nom d’un des douze jurés ayant condamné à tort un homme, mort en détention, pour un crime qu’il n’a pas commis. Au fil d’un récit aux mailles serrées, les deux intrigues se rejoindront dans la dernière partie du thriller.
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