
C’est raté. Pour sa toute première sur le banc de l’Olympique de Marseille (OM), Habib Beye n’a pu que constater l’ampleur du travail qui l’attend, après la défaite logique de sa nouvelle équipe à Brest (0-2) en ouverture de la 23e journée de Ligue 1, vendredi 20 février. Tout juste nommé entraîneur de son club de cœur, l’ancien joueur olympien (2003-2007) n’a pas trouvé la clé pour mettre un frein à la glissade vécue depuis plusieurs semaines par l’OM.
Moins de deux semaines après avoir été écarté de Rennes – et sans ses adjoints, encore bloqués par une procédure de licenciement engagée par le club breton –, Habib Beye, qui a succédé à l’Italien Roberto De Zerbi, avait opté en Bretagne pour un 4-3-3 assez classique au coup d’envoi. En l’absence de Leonardo Balerdi, suspendu, il avait constitué une charnière avec Nayef Aguerd et Benjamin Pavard qui a souffert mille maux en première période face à un Ludovic Ajorque des grands soirs.
L’attaquant brestois a d’abord ouvert le score en devançant de la tête le défenseur marocain au premier poteau, sur une passe déviée (1-0, 10e). Sur son deuxième but, consécutif à un coup franc mal dégagé, tout a été parfaitement exécuté : le centre brossé et tendu d’Hugo Magnetti, sa prise de position préférentielle devant Pavard et surtout la déviation parfaite de la tête qui a bénéficié de la complicité du poteau rentrant (2-0, 29e).
Habile de la tête, le Réunionnais a eu le pied gauche moins inspiré sur deux face-à-face avec Geronimo Rulli, croisant trop sa frappe (15e), avant de trouver le haut de la transversale (41e). Quatre minutes plus tôt, Junior Diaz, totalement oublié au marquage au deuxième poteau sur un long coup franc de Romain Del Castillo, avait trop décroisé sa tête (37e).
« Dynamique négative »
Ce score de 2-0 à la pause semblait donc heureux pour des Phocéens qui ont encaissé deux buts ou plus pour la neuvième fois en douze rencontres disputées en 2026. Offensivement, l’OM n’a pas montré non plus grand-chose de très rassurant pour ses ambitions.
Amine Gouri, sur un centre tir de Mason Greenwood (25e), puis comme Quinten Timber, deux minutes plus tard pour reprendre une louche de Gouiri, avaient été les seules vagues menaces sur le but de Brestois bien regroupés et agressifs.
Passés en 4-4-2 après l’entrée de Pierre-Emerick Aubameyang à la pause, les Marseillais n’ont été qu’épisodiquement dangereux, sur une frappe lointaine de Timber, repoussée d’une manchette par Grégoire Coudert (59e), ou une tête en feuille morte de Gouiri de peu à côté (62e).
La première de Beye avec l’OM a même pris des allures de calvaire quand il a vu Coudert repousser le pénalty obtenu et tiré par Greenwood (82e), ainsi que la tête d’Hamed Junior Traoré, rentré en jeu peu avant, dans le temps additionnel.
Un stage pour « discuter et travailler »
« C’est vrai que la dynamique négative atteint les joueurs », a admis, après la rencontre, le technicien franco-sénégalais qui a aussi reconnu que la première période de son équipe n’avait pas été « très, très bonne en termes d’intensité et dans notre capacité à résister à ce [que Brest] pouvait proposer. » Il y a eu « un manque d’agressivité dans notre surface de réparation et face à un joueur [Ajorque] avec beaucoup de présence, on le savait », a déploré Habib Beye, refusant pourtant d’accabler ses défenseurs.
Coincé avec 40 points au compteur, l’OM ne reprend donc pas de terrain sur l’Olympique lyonnais (OL) qui est 5 longueurs devant en troisième position, la dernière place qui offre une qualification directe pour la prochaine Ligue des champions – le quatrième doit passer par un tour de qualification toujours risqué. L’OL se déplace dimanche soir à Strasbourg.
« Il va falloir travailler, monter aussi en densité athlétique », a ajouté le nouvel entraîneur marseillais, alors que son équipe va partir en stage pendant la semaine, avant un rendez-vous déjà décisif avec Lyon, le week-end prochain, puis un quart de finale de Coupe de France contre Toulouse – deux rencontres disputées à domicile.
« Ce stage va nous permettre d’échanger, de discuter, de travailler sur d’autres aspects de notre jeu aussi, éventuellement une animation un petit peu différente, qui correspond peut-être plus au profil de nos joueurs », a-t-il révélé.
De son côté, le Stade brestois, 11e avec 30 points, a confirmé sa bonne forme face aux « gros », puisque 16 de ces points ont été gagnés contre les équipes de la première moitié du classement, le plus fort total de toutes les équipes figurant dans la seconde moitié.












