
L’ancien ministre socialiste Bruno Le Roux a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 70 000 euros d’amende pour l’emploi fictif de ses deux filles comme collaboratrices quand il était député et pour le détournement de son indemnité de frais de mandat (IRFM) par le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 19 février. L’ancien élu a également été condamné à une peine complémentaire d’inéligibilité de cinq ans et doit verser à l’Assemblée nationale près de 159 929 euros en réparation de son préjudice matériel.
Lors de son procès, en novembre 2025, le Parquet national financier (PNF) avait requis deux ans de prison avec sursis probatoire et 40 000 euros d’amende à son encontre, ainsi qu’une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité.
M. Le Roux avait été cité à comparaître par le PNF qui avait ouvert, en 2017, une enquête préliminaire sur l’emploi de ses deux filles comme collaboratrices parlementaires entre 2009 et 2017 lorsqu’il était député de Seine-Saint-Denis. L’émission « Quotidien » sur TMC avait révélé que ses deux filles avaient cumulé respectivement 14 et 10 contrats à durée déterminée pendant cette période où elles étaient lycéennes puis étudiantes.
Emplois « totalement fictifs » et « discordance » entre les missions et les prestations
L’affaire, qui avait éclaté à la même période que le scandale de l’emploi fictif de Penelope Fillon, épouse de François Fillon alors candidat à l’Elysée, l’avait contraint à démissionner de son poste de ministre de l’intérieur.
M. Le Roux était aussi jugé pour l’utilisation de son IRFM quand il était député, après un signalement effectué en 2018 par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique visant une quinzaine de parlementaires de tous bords, parmi lesquels il figurait.
Dans son jugement, le tribunal correctionnel a considéré que les emplois de ses filles étaient « totalement fictifs », soulignant la « discordance » entre les missions visées et les prestations réellement effectuées, et notant que les sommes perçues étaient « dénuées de toute contrepartie réelle ».
Concernant son IRFM, le président du tribunal a estimé que les explications de M. Le Roux à la barre avaient été « lunaires » et relevaient d’une « étonnante mauvaise foi ». « On regrette de ne pas avoir réussi à convaincre et on ne renonce pas à convaincre », a déclaré M. Le Roux à l’Agence France-Presse après la lecture du jugement, signalant son intention de faire appel.












