
Nous, élus nationaux et locaux, nous opposons fermement au projet d’extension de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle, récemment présenté par Aéroports de Paris (ADP). Ce projet à 6 milliards d’euros qui veut attirer 14 millions de passagers supplémentaires d’ici à 2034 est un contresens historique, à l’heure où nous devons impérativement réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Ce projet est une menace pour la santé et la qualité de vie de millions de Franciliens déjà durement exposés aux nuisances sonores et aux polluants rejetés par les avions. Il y a urgence à construire un avenir plus désirable pour nos concitoyens.
Si l’augmentation du trafic aérien n’est évoquée que très brièvement dans le dossier de concertation, il représente pourtant l’essentiel des investissements prévus. Nous ne sommes pas dupes : d’ici à 2035, 74 000 avions supplémentaires survoleront les habitants chaque année, majoritairement des gros-porteurs, soit 200 avions supplémentaires par jour. Imposer ainsi ce projet est insupportable pour celles et ceux qui sont les premiers à en subir les conséquences.
Un chiffre donné sans justification
Il y a quatre ans seulement, le gouvernement avait stoppé le projet de terminal T4, jugé « obsolète ». Barbara Pompili, alors ministre de la transition écologique, avait demandé à ADP de présenter un projet « plus cohérent avec ses objectifs de lutte contre le changement climatique » pour atteindre une « baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur ».
Ce nouveau projet ne répond en rien à cette demande. Dans son dossier de concertation, ADP avance une baisse pour le moins surprenante de 23 % des émissions de CO2 à l’horizon 2035. Un chiffre donné sans aucune justification et que réfute une étude indépendante réalisée par [l’ONG] T & E [Transport & Environnement]. Selon cette étude, les émissions CO2 de l’aéroport continueraient bien de croître jusqu’en 2034. Cette augmentation ne ferait qu’éloigner le transport aérien d’une trajectoire de décarbonation déjà largement hypothétique.
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