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Histoires Web vendredi, février 13
A Munich, Friedrich Merz, le chancelier allemand, juge qu’« à l’ère des grandes puissances » la liberté européenne « n’est plus acquise »

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a affirmé en ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi 13 février, que l’Europe devait reconnaître une nouvelle réalité stratégique marquée par « la politique de puissance », citant la guerre menée par la Russie en Ukraine et l’affirmation croissante de la Chine. « A l’ère des grandes puissances, notre liberté n’est plus acquise, elle est menacée », a-t-il déclaré, appelant à la « fermeté » et à des « sacrifices, pas un jour, mais maintenant ».

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Ce dernier s’exprimait un an après le discours prononcé au même endroit par le vice-président américain, J. D. Vance, qui avait reproché aux Européens de ne pas prendre suffisamment en main leur propre défense.

M. Merz a plaidé pour un renforcement d’ampleur des capacités militaires européennes au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). L’Allemagne investira « des centaines de milliards d’euros » dans la défense dans les prochaines années, a-t-il assuré, réaffirmant l’objectif fixé par les membres de l’Alliance de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la sécurité. Il a également promis de faire de la Bundeswehr « la plus forte armée conventionnelle d’Europe ».

Un « pilier européen fort »

Le chancelier a réaffirmé le soutien diplomatique, financier et militaire de Berlin à l’Ukraine « dans sa résistance courageuse à l’impérialisme russe », estimant que les pertes infligées à Moscou contribuent à créer les conditions d’une paix future. M. Merz a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté européenne, notamment en matière industrielle, technologique et énergétique, et de bâtir un « pilier européen fort » au sein de l’OTAN, sans se substituer à l’Alliance.

Le chancelier allemand a aussi déclaré avoir « entamé des discussions confidentielles avec le président français au sujet de la dissuasion nucléaire européenne ». Emmanuel Macron, dont le pays est le seul en Europe, avec le Royaume-Uni, à être doté de la bombe atomique, doit prononcer un discours dans les prochaines semaines sur la doctrine de dissuasion nucléaire française.

Concernant les Etats-Unis, le chancelier a reconnu l’existence d’un fossé croissant entre les deux rives de l’Atlantique, tout en appelant à refonder le partenariat transatlantique sur une base plus équilibrée. « Le vice-président J. D. Vance l’a dit il y a un an, ici, à Munich. Il avait raison dans sa description » des différends américano-européens.

Mais « à l’ère de la rivalité entre grandes puissances, même les Etats-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul », a-t-il jugé. « Ensemble, nous sommes plus forts », a-t-il souligné, estimant que l’OTAN demeure un atout stratégique aussi bien pour l’Europe que pour Washington. « Réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique », a clamé en anglais Friedrich Merz, en direction des « amis américains » de l’Europe.

Cette année, c’est le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui représente les Etats-Unis. Ce dernier a tenu des propos rassurants avant de quitter les Etats-Unis. « Nous sommes très étroitement liés à l’Europe », a-t-il déclaré jeudi aux journalistes. « La plupart des gens dans ce pays peuvent retracer leur héritage culturel ou personnel jusqu’en Europe. Nous devons donc en parler. » M. Rubio a cependant clairement fait savoir que les choses ne seraient plus comme avant, en déclarant : « Nous vivons une nouvelle ère en matière de géopolitique, et cela va nous obliger tous à réexaminer ce à quoi cela ressemble. » Arrivé vendredi à Munich, il doit s’exprimer samedi matin.

Le Monde avec AFP

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