
Cécile Garcia Fogel est une actrice trop rare et de grand talent. Quoi qu’elle joue, où qu’elle joue, il faut s’y rendre et ne pas se priver de sa présence tranchante, de son visage frondeur et de sa voix percutante. Ce genre de tempérament ne court pas les théâtres.
La dernière fois qu’on l’a vue, c’était dans Poussez-vous les mecs (en 2024), d’après la bande dessinée de Claire Bretécher, un spectacle mordant. Cette fois, elle change de cap avec l’adaptation du roman de l’auteur italien Marco Lodoli Tanto poco. Si peu (P.O.L, 2024) est un récit à la première personne qu’on découvre au Théâtre du Chariot, à Paris (un lieu tout neuf qui est, lui aussi, une découverte). La narratrice qu’incarne Cécile Garcia Fogel est une concierge de lycée qui consacre sa vie à épier en cachette et à aimer en silence un professeur de lettres.
Cette confession d’une femme de peu, qui s’épanouit dans la contemplation d’un homme inatteignable, a quelque chose d’anachronique à l’époque d’un militantisme unanime pour l’émancipation féminine. Mais l’actrice insuffle à son personnage ce qu’il faut de grandeur pour qu’elle ait l’envergure d’une héroïne tragique. Ce n’est pas une victime qui s’exprime, mais une femme qui a choisi d’aimer qui elle veut, comme elle veut. Une femme qui a su s’inventer une existence pleine et entière autour de sa passion secrète.
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