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Bruno Retailleau annonce sa candidature à la présidentielle 2027 et dénonce les « dérives de l’Etat de droit »

Il s’est finalement lancé. Bruno Retailleau a annoncé jeudi sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 et a commencé à esquisser un début de programme autour des thèmes qui lui sont chers, à commencer par l’immigration et « l’ordre ».

« Je tenais à t’informer personnellement que je m’apprête à déclarer ma candidature à l’élection présidentielle » : c’est d’abord par ce message à chaque parlementaire de son parti que le président de LR a mis fin au suspense.

L’annonce était attendue depuis quelques jours. Le voici donc officiellement lancé dans la course à l’Elysée, à 65 ans. « C’est une décision que j’ai beaucoup mûrie », a ajouté l’ex-ministre de l’Intérieur. Bruno Retailleau dit penser « que le moment est venu pour (sa) famille politique d’indiquer aux Français un nouveau chemin, axé sur l’ordre, la prospérité et la fierté française ».

« Je ne veux pas être président de la République par obsession du pouvoir mais par sens du devoir », a poursuivi l’ancien ministre de l’Intérieur dans une allocution diffusée en direct sur les réseaux sociaux.

Disant « refuser de laisser notre pays dans l’état où il se trouve aujourd’hui », il a dépeint « une France qui s’enfonce (et) qui s’efface, dans un monde de plus en plus menaçant » et estimé que, « pour affronter les désordres du monde, notre pays devra d’abord remettre ses affaires en ordre ». « Je serai le président de l’ordre, de la justice et de la fierté française », a-t-il affirmé.

Bruno Retailleau a notamment promis jeudi de « soumettre directement par référendum plusieurs grands textes de loi » s’il est élu, notamment pour « réduire drastiquement l’immigration ». « On ne doit plus gouverner contre le peuple », a-t-il affirmé dans une allocution diffusée en direct.

« Dérives de l’État de droit »

Outre l’immigration, le patron des Républicains a aussi promis des référendums pour « engager une véritable révolution de notre justice pénale » et pour « redonner la primauté à notre droit national dès lors qu’il s’agit de protéger nos intérêts fondamentaux ».

Résolu à « imposer partout l’autorité de la République », l’ex-ministre de l’Intérieur a assuré qu’il « ne reculerai (t) pas » et « ne céderai (t) pas, ni à la violence, ni au politiquement correct, ni aux dérives de l’État de droit qui s’est retourné contre le droit des Français à vivre en paix et en sécurité ».

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Ces projets de référendum risquent toutefois de se heurter à la Constitution : ni l’immigration, ni la justice n’entrent à ce jour dans le champ du référendum.

Le patron de LR entend par ailleurs « refonder notre modèle social », ce qui supposera de « faire des économies (et) des choix ». Pour cette raison, il « assume de donner la priorité à la France des honnêtes gens et au travail plutôt qu’à l’assistanat », se posant en « protecteur de la France des travailleurs, pas de la France des profiteurs ».

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Bruno Retailleau a également affiché son intention de « remettre à sa juste place » un Etat qui « ne peut pas dépenser plus que ce qu’il gagne », tout en jurant de « relancer une grande politique familiale ».

« Je ne promettrai rien que je ne pourrai tenir », a insisté le candidat, qui veut aussi « réorienter la protection de notre environnement sur une écologie de progrès » et souhaite une « refondation par le mérite et la liberté » de l’école devenue, selon lui, « une machine à reproduire les inégalités ».

Cette annonce, à quelques semaines des municipales, risque d’aiguiser encore davantage les rivalités entre les potentiels candidats LR à l’Elysée : le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, est déjà en lice ; David Lisnard, le président de l’Association des maires de France, a promis d’y aller s’il n’y avait pas de primaire ; l’ancien premier ministre Michel Barnier se pose en rassembleur de la droite et du centre.

Pour sa part, le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, plaide pour une primaire allant du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo, du parti d’extrême droite Reconquête !.

Bruno Retailleau a choisi de se proclamer candidat avant même de connaître les propositions du groupe de travail qu’il avait lui-même formé pour définir le mode de désignation du candidat LR. Elles sont attendues d’ici à la fin du mois.

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Le Monde avec AFP

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