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Le gouvernement américain a imposé une nouvelle série de sanctions à l’encontre du Venezuela sur lequel il continue de mettre une pression maximale, a annoncé, jeudi 11 décembre, le département du Trésor dans un communiqué.

Ces nouvelles décisions visent d’abord trois neveux du président vénézuélien, Nicolas Maduro, dont deux avaient été libérés en 2022 par les Etats-Unis dans le cadre d’un échange de prisonniers avec Caracas. Efrain Antonio Campo Flored et Franqui Francisco Flores de Freitas avaient été condamnés en 2017 pour trafic de drogue, après leur interpellation en Haïti, qui les avait remis aux autorités américaines. Le troisième neveu visé, Carlos Erik Malpica Flores, est le vice-président de l’entreprise publique pétrolière Petroleos de Venezuela. Il avait déjà fait l’objet de sanctions américaines entre 2017 et 2022.

Outre les trois neveux du président vénézuélien que Washington accuse d’être à la tête d’un vaste réseau de trafic de drogue, un homme d’affaires panaméen, accusé d’avoir signé divers contrats avec M. Maduro et ses proches, est également visé par ce nouveau train de sanctions.

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« Nicolas Maduro et ses associés criminels inondent les Etats-Unis avec des drogues qui empoisonnent le peuple américain. Sous la direction du président Trump, le Trésor fait rendre des comptes au régime [vénézuélien] et ses proches et entreprises pour ses crimes », a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

Un pétrole sous embargo depuis 2019

Dans le même temps, Washington a décidé de prendre des mesures contre six navires accusés de participer au transport du pétrole vénézuélien. Ces bâtiments sont enregistrés au Royaume-Uni, dans les Iles Vierges britanniques et dans les îles Marshall.

Les sanctions du département du Trésor impliquent le gel de l’ensemble des avoirs possédés, directement ou indirectement, aux Etats-Unis par les personnes ou entités visées, ainsi que l’interdiction pour tout citoyen ou entreprise américaine de faire des affaires avec eux, au risque d’être à leur tour pris pour cible. Cette interdiction peut s’étendre à des citoyens ou entreprises étrangères si le dollar est utilisé dans le cadre de leurs transactions avec les personnes ou entreprises sous sanction.

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Ces décisions interviennent alors que les garde-côtes américains ont arraisonné, dans la nuit de mercredi à jeudi, un pétrolier accusé de transporter du brut vénézuélien. Ce navire est actuellement en route vers un port américain « où les Etats-Unis entendent saisir son pétrole », a affirmé, jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse, reconnaissant cependant que cela posait des questions légales.

Principale source de revenus du Venezuela, le pétrole brut est soumis à un embargo depuis 2019, obligeant Caracas à écouler sa production sur le marché noir à des prix nettement plus bas, à destination en particulier de la Chine. La saisie de ce pétrolier pourrait peser sur ces exportations, en dissuadant les acheteurs potentiels.

Résumant la stratégie américaine, Mme Leavitt a expliqué que le président Donald Trump n’entendait pas « rester les bras croisés à regarder des navires sanctionnés naviguer sur les mers avec du pétrole provenant du marché noir, dont les profits alimenteront le narcoterrorisme de régimes voyous et illégitimes ».

« Piraterie navale »

« Ils ont enlevé les membres d’équipage, volé le navire et inauguré une nouvelle ère, l’ère de la piraterie navale criminelle dans les Caraïbes », a lancé, de son côté, M. Maduro à la télévision publique. « Ils ont commis un acte absolument criminel et illégal en procédant à un assaut militaire, à un enlèvement et à un vol, tels des pirates des Caraïbes contre un navire marchand commercial civil privé, un navire de paix », a-t-il ajouté.

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Sans préciser la nationalité du navire, il a précisé que « le bateau avait été arraisonné alors qu’il gagnait presque l’Atlantique (…) plus au nord de Trinité-et-Tobago, en direction des îles de la Grenade ».

Il a aussi assuré que le bateau transportait « vers les marchés internationaux 1,9 million de barils de pétrole – pétrole qui a été payé au Venezuela, car quiconque importe du pétrole le paie d’abord ». Selon des responsables américains, le navire transportait du pétrole en provenance du Venezuela et de l’Iran, à destination de Cuba.

M. Maduro, qui s’est aussi inquiété pour l’équipage « disparu », a dit qu’il avait « donné des instructions » afin de lancer « les actions juridiques et diplomatiques appropriées ». « Le Venezuela va sécuriser tous les navires afin de garantir le libre commerce de son pétrole vers le monde », a-t-il ajouté.

La Russie a dit apporter son soutien au dirigeant vénézuélien. Lors d’un échange téléphonique avec M. Maduro, le président russe, Vladimir Poutine, lui « a exprimé sa solidarité » et a « confirmé son soutien » à sa politique « visant à protéger ses intérêts nationaux et sa souveraineté dans un contexte de pressions extérieures croissantes », a expliqué le Kremlin dans un communiqué, sans faire directement mention des Etats-Unis.

La saisie du navire par les forces américaines fait craindre une escalade dans la crise avec le Venezuela, alors que Donald Trump a aussi menacé il y a quelques semaines de mener des opérations au sol.

« Inquiet » de ces nouvelles tensions, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part appelé à éviter toute action pouvant « déstabiliser le Venezuela et la région », selon l’un de ses porte-paroles.

Le Monde avec AFP

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