1867. Charles Baudelaire vient de mourir, Alfred Nobel a déposé le brevet de la dynamite, et un premier navire officiel a traversé le canal de Suez lorsque Jacques Offenbach créé Robinson Crusoé, le 23 novembre, sur la scène de l’Opéra-Comique, à Paris. Le compositeur franco-allemand (1819-1880) est alors un homme à succès dont la dernière opérette, La Grande-duchesse de Gérolstein, vient de triompher quelques mois plus tôt au Théâtre des Variétés. Mais il aspire, tel Robinson, à d’autres conquêtes.
Ne pouvant accoster à l’Opéra de Paris, où règne alors le grand opéra à la française de Meyerbeer, cap sur l’Opéra-Comique. Le lieu est entièrement dévolu au genre lyrique, dont il tient son nom, typiquement français, qui mêle chant et théâtre parlé. « Semi-romantique, semi-bouffe et semi-absurde, Robinson est un objet lyrique non identifié, qui préfigure sans le savoir la comédie musicale de Broadway », résume avec gourmandise le chef d’orchestre Marc Minkowski en ce dimanche après-midi pluvieux du 23 novembre.
Ses Musiciens du Louvre ne sont pas encore là, et c’est la pianiste et cheffe de chant Edwige Herchenroder qui joue la partition dans la fosse du Théâtre des Champs-Elysées, où se dérouleront, du 3 au 14 décembre, les six représentations de Robinson Crusoé, mis en scène par Laurent Pelly.
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