Meilleures Actions
Histoires Web samedi, février 14
A Tel-Aviv, le café Tarbutat, fragile refuge du camp progressiste israélien

Un ou deux soirs par semaine, l’étroite salle du café Tarbutat accueille une bonne partie des derniers représentants de la gauche progressiste en Israël. Leur téléphone à la main, ils sont quelques dizaines, mardi 4 novembre un peu avant 20 heures, adossés aux murs bleus de l’établissement de Tel-Aviv pour écouter Hillel Cohen, professeur d’études moyen-orientales à l’Université hébraïque de Jérusalem. Au micro, devant la machine à espresso, le chercheur raconte son parcours d’ancien colon de Cisjordanie occupée, qui a rompu avec ce milieu avant de devenir une voix respectée sur l’histoire des Palestiniens, notamment à Jérusalem-Est.

Au comptoir, Aviva Ger, 74 ans, vient chercher un peu de réconfort dans ces conférences hebdomadaires. Fatiguée par la violence de la rhétorique politique israélienne et par la « haine », la comédienne de théâtre, militante pour les droits des Palestiniens depuis 1967, se réjouit de retrouver ici des connaissances et des amis qui n’ont pas « basculé dans un discours guerrier » après le 7-Octobre. La septuagénaire s’exprime en français, une langue qu’elle a apprise pendant ses cours auprès du metteur en scène Jacques Lecoq, à Paris, en 1982. Entre deux verres de blanc, l’actrice aime débattre de la création d’un Etat palestinien comme seule voie possible vers une paix durable. « Cet endroit est un îlot de gauchistes, sourit l’artiste avant de s’assombrir. C’est peut-être le dernier dans tout le pays… »

Il vous reste 72.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.