
Dans un rapport, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a alerté, jeudi 13 novembre, que les agents de nettoyage sont exposés à un cocktail de risques délétères pour leur santé, ces risques découlant de la nature de leur travail mais aussi pour bonne part de son organisation, notamment la sous-traitance.
Cette étude pluridisciplinaire sur ce secteur dont les agents représentent 1,2 à 1,4 million de personnes porte exclusivement sur les agents de nettoyage intervenant dans des environnements professionnels, bureaux ou halls d’immeubles.
Elle souligne qu’ils, ou plutôt elles − car il s’agit à 73 % de femmes − sont « exposées à une combinaison de risques professionnels qui pèsent lourdement sur leur santé, liés à la nature même du travail qu’elles exercent − des efforts physiques, des expositions à des produits chimiques, à des agents biologiques − mais aussi à l’organisation du travail, en horaire décalé, travail isolé, avec des cadences importantes », résume le directeur scientifique santé et travail de l’Anses, Henri Bastos.
Des conditions de travail qui aggravent les risques
Plus souvent d’origine étrangère que l’ensemble des salariés, ces agents sont fréquemment précaires, peu syndiqués et réalisent généralement des horaires décalés et fragmentés, qui leur font subir des journées de travail à rallonge. Le secteur se distingue par la fréquence des accidents du travail, un taux de travailleurs ayant une maladie professionnelle reconnue deux fois plus élevé que la moyenne et des licenciements pour inaptitude près de deux fois plus fréquents que pour l’ensemble des CDI, pointe ainsi l’étude.
Quelque 35 % d’entre eux travaillent pour des entreprises de sous-traitance, une part qui s’est fortement accrue ces dernières années. Cette tendance conduit à une diminution des volumes horaires dédiés au nettoyage et à une intensification du travail, qui entraîne une augmentation des risques de TMS et d’accidents du travail, notent les auteurs du rapport. Parmi les maladies les plus fréquentes figurent les troubles musculosquelettiques (TMS) et les pathologies respiratoires et dermatologiques.
Le rapport recommande de mieux étudier l’impact des activités de nettoyage sur certaines pathologies chroniques et les grossesses. Il préconise aussi de développer la formation sur la prévention à travers des supports visuels adaptés à la population concernée et de faire évoluer l’organisation du travail pour promouvoir le travail en journée.













