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« Purifier l’esprit patriotique » et afficher « une loyauté sincère envers la mère patrie en toutes circonstances ». Tels sont, d’après la presse d’Etat, les objectifs d’un texte adopté le 25 août par l’Assemblée nationale cambodgienne, qui prévoit de déchoir de leur nationalité les citoyens accusés de « trahison » envers la nation. Votée à l’unanimité par les députés présents, dont 120 sur 125 appartiennent au Parti du peuple cambodgien (PPC), au pouvoir depuis 1979, cette législation controversée vise toute personne reconnue coupable de « collusion » avec l’étranger au détriment de la sécurité nationale.

Dans le détail, il s’agit d’un amendement à la loi de 1996 sur la citoyenneté, rendu possible seulement après une modification de la Constitution du royaume, approuvée en juillet par le Parlement et le roi, Norodom Sihamoni. Jusqu’alors, l’article 33 disait que « les citoyens khmers ne [pouvaient] être privés de leur nationalité ». La version révisée indique désormais que « la perte de la nationalité khmère est déterminée par la loi ».

Cette nouvelle mesure, qui avalise la déchéance de nationalité, s’inscrit dans un contexte électrique de conflit frontalier avec la Thaïlande, où le nationalisme bat son plein des deux côtés. En juin, lors d’une visite aux troupes cambodgiennes stationnées le long de la zone disputée, l’homme fort du Cambodge, Hun Sen – président du Sénat et père du premier ministre, Hun Manet, à qui il a cédé les rênes en 2023 –, avait déclaré que le pays nécessitait une telle disposition pour, disait-il, punir ceux qui « conspirent avec des étrangers dans le but de détruire le Cambodge ».

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