Le plus jeune et le plus âgé. Le plus bavard et le moins crédible le matin, le plus taiseux et le plus inquiétant l’après-midi. La journée du vendredi 4 avril était celle des contrastes au procès de la boucherie « conspirative » de Brest. L’audience a permis de se pencher sur deux des six accusés de cet étrange procès qui avance cahin-caha au rythme des auditions d’enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et des interrogatoires d’accusés.
Le matin donc, c’était au tour de l’enquêteur SI043, un agent anonymisé du contre-terrorisme, de développer les preuves des charges qui pèsent contre Mehdi (le prénom a été modifié), à peine 16 ans au moment des faits, mais le plus motivé des six accusés qui avaient l’habitude de se retrouver à la boucherie Chez Wahid, à Brest. On y parlait djihad, mérites comparés de l’organisation Etat islamique et d’Al-Qaida, comment se procurer des armes et, parfois, projets d’attentats. C’était un mélange de sérieux, de fantasme, de blagues, de vantardise et d’idées réellement inquiétantes. Et pendant ce temps, un dispositif de la DGSI enregistrait tous les propos à l’insu du petit groupe, aujourd’hui accusé d’association de malfaiteurs terroriste.
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