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Des barges immenses qui pourraient un jour servir dans le cadre d’une éventuelle invasion de Taïwan ont été repérées fin mars dans le sud de la Chine. Dans une note, l’US Naval College a révélé que l’armée chinoise possède un nouveau dispositif : des barges pouvant se raccorder grâce à des rampes extensibles pour former une jetée de 820 mètres de long permettant d’aller des eaux profondes jusqu’à la terre.

Avec des pieds rétractables pouvant s’enfoncer jusqu’au fond de l’eau, elles pourraient se transformer en une plateforme pour permettre à des troupes et « des centaines de véhicules » de débarquer toutes les heures sur l’île autonome, selon le Naval College. « Elles sont clairement destinées à faciliter une invasion amphibie contre Taïwan », a déclaré à l’Agence France-Presse Wen-Ti Sung, chercheur à l’Atlantic Council’s Global China Hub.

Les images satellites de l’entreprise états-unienne Planet Labs PBC obtenues par l’AFP montrent ce système déployé fin mars dans les eaux au large de la ville de Zhanjiang, dans le Guangdong, dans le sud de la Chine.

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L’hypothèse d’un assaut de Taïwan a longtemps laissé supposer que l’Armée populaire de libération (APL) chinoise s’appuierait sur de petits vaisseaux de débarquement amphibies pour atteindre le littoral de l’île. Ce type de débarquements à grande échelle ne peut se faire que sur une poignée de plages de Taïwan, ce qui offre un avantage crucial à Taipei pour sa défense.

Pression militaire

« Ces barges permettraient à l’armée chinoise de réaliser des débarquements même sur les terrains les plus difficiles du littoral taïwanais », selon M. Sung. Ces nouvelles embarcations « offrent à l’armée plus d’endroits où potentiellement débarquer et ainsi contraindre les défenses taïwanaises à se disperser ».

Le mois dernier, sur la télévision d’Etat chinoise, le spécialiste de la défense Wei Dongxu a loué leur capacité à transporter une grande quantité d’équipements lourds sur une île « tout en gardant leurs pieds au sec ». « Une fois que les forces navales et aériennes contrôleront efficacement le ciel et la mer, alors cette… barge apparaîtra », a-t-il affirmé, et ce « sera un signe de victoire ». Trois autres barges, appelées shuiqiao (« pont d’eau » en chinois) par des analystes, sont en construction dans le sud du pays, selon l’US Naval War College.

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Ces dernières années, Pékin a intensifié sa pression militaire sur Taïwan, multipliant les exercices militaires autour de l’île, gouvernée de facto de façon autonome mais dont la Chine revendique la souveraineté. Le président Xi Jinping a, par ailleurs, ordonné à son armée d’être prête pour une invasion de ce territoire d’ici à 2027, selon des responsables américains.

Pékin a lancé cette semaine des manœuvres militaires de grande ampleur dans le détroit de Taïwan, visant notamment à éprouver sa capacité à frapper des cibles stratégiques, comme les ports et les infrastructures de l’île. Taipei dit avoir repéré mardi 21 navires de guerre, 71 aéronefs et 10 navires de gardes-côtes chinois aux alentours de l’île. Le porte-avions chinois Shandong a également pris part à ces manœuvres, qui se sont déroulées moins d’un mois après que le président taïwanais, Lai Ching-te, a qualifié la Chine de « force hostile étrangère ».

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Pour autant, réussir à envahir l’île continue de poser des défis de taille à l’armée chinoise, en cours de modernisation, et ces barges ne sont pas une panacée. Elles « semblent vulnérables aux attaques venant de la terre, de l’air et de la mer », selon l’US Naval War College. « Elles sont (…) difficiles à cacher, difficiles à défendre, lentes à déplacer », affirme Rorry Daniels, directrice générale de l’Asia Society Policy Institute. « Il faut avoir une suprématie aérienne pour que cela fonctionne et je ne suis pas sûr que Pékin puisse avoir une supériorité aérienne sur Taïwan. »

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Le Monde avec AFP

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