Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, candidat à sa réélection, propose « une plateforme commune » de « la gauche non mélenchoniste » pour 2027, allant « de François Ruffin à Raphaël Glucksmann », dans sa contribution pour le futur congrès, présentée vendredi 4 avril.
Dans cette contribution générale, baptisée « Le cœur de la gauche » et présentée par plusieurs de ses partisans, le patron des socialistes souhaite que cette plateforme permette de préparer une candidature commune et « des idées en commun » pour 2027, « sans préempter et dire d’emblée qu’il faut désigner un candidat socialiste en amont », a expliqué l’élue régionale des Hauts-de-France Sarah Kerrich, même si le PS prépare son projet en parallèle et « sera prêt dans tous les cas ».
Olivier Faure est le premier signataire de cette contribution générale, étape préalable pour le dépôt d’une motion (ou texte d’orientation, en termes socialistes) et de sa candidature. Toutes les contributions doivent être déposées d’ici à samedi, véritable ligne de départ pour l’élection du premier secrétaire au congrès de Nancy en juin.
Cette contribution est signée « par près de 4 000 militants, la moitié des premiers secrétaires fédéraux, au moins 40 % des membres du conseil national, plus de 50 parlementaires », et « une très grande part » de maires et d’élus régionaux et départementaux, a détaillé le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet.
« Nouveau projet socialiste »
Elle vise à « poser les bases d’un nouveau projet socialiste » pour une « France fracturée qu’il va falloir réconcilier », a souligné l’eurodéputée Chloé Ridel, avec « une politique de gauche réellement de gauche » et « sans ignorer aucun des thèmes et des préoccupations de nos concitoyens », comme l’immigration ou la sécurité.
Parmi les principales propositions, Olivier Faure veut qu’« aucun service d’éducation et de santé essentiel ne se situe à plus de 20 minutes » et appelle à « une vraie écologie populaire en instaurant une règle rouge : aucun effort écologique ne pourra être demandé aux plus précaires si l’effort n’est pas compensé ni équitablement réparti ». Il propose aussi de conditionner les aides publiques à l’école privée, d’instaurer « un service civique universel », de réguler l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux, et d’ouvrir un « dialogue social et technologique » pour « mettre l’IA au service de l’humain au travail ».
Pour réformer le parti, il souhaite instaurer un « forum citoyen », composé de militants et de non-militants, à parité et tirés au sort, qui définiront « chaque année un thème sur lequel ils veulent interpeller le parti », la création « d’une structure de réflexion et de formation militante », et « une parité en matière d’éligibilité » pour les candidates.