Meilleures Actions
Histoires Web mardi, avril 1
Bulletin

Il y a d’abord cette comptabilité morbide qui revient dans toutes les bouches, comme le symbole mesquin d’une douleur, elle, immense. « Nous étions six autour du cercueil » ; « nous étions trois dans le funérarium » ; « mon père a été enterré seul, nous attendions sur le parking… »

Cinq ans après la phase la plus aiguë de la crise due au Covid-19, c’est le souvenir le plus prégnant de ceux qui ont, à l’époque, perdu un proche : ces adieux impossibles, ces enterrements « à distance », ces choix qu’il a fallu faire entre membres d’une même famille…

A l’époque, entre le printemps et l’automne 2020, les restrictions varient d’une région à l’autre, d’une période à l’autre. « Nous avons été contraints pendant un moment de nous plier à une limite tout à fait arbitraire de cinq personnes au cimetière, ce chiffre incluant le célébrant ainsi que les employés des pompes funèbres, se souvient David Prekel, pasteur en Alsace. Pour un monsieur de presque 100 ans, décédé dans la dernière dizaine de mars 2020, il n’a été possible de rassembler que ses trois enfants. Heureusement qu’ils n’étaient pas quatre, qu’aurions-nous fait ? Tirer à la courte paille ? » Plusieurs récits recueillis par Le Monde dans le cadre d’un appel à témoignages évoquent des « brouilles familiales » nées de ce cruel processus de sélection souvent effectué dans l’urgence.

Il vous reste 84.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2025 Mahalsa France. Tous droits réservés.