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Partout en France, les médias relaient depuis de nombreux mois des informations sur l’augmentation du « prix de l’eau ». Malgré des causes souvent bien mises en évidence, cette information semble, dans le débat public et dans l’esprit des usagers, pouvoir se comparer à une augmentation du prix du pétrole, de l’énergie ou du blé. Nous devons résolument combattre cette conception marchande et extractiviste de la gestion de l’eau : il faut, au contraire, l’inscrire dans ses finalités écologiques, démocratiques, de solidarité et de droits humains.

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L’eau n’a pas de prix. Pour autant, il ne suffit pas d’énoncer ce principe pour opérer un changement de paradigme : nous devons aujourd’hui la considérer, non plus comme une ressource à l’image de tant d’autres destinée à des usages, mais comme l’inestimable patrimoine commun vital de l’humanité et de l’ensemble des écosystèmes dont nous dépendons.

En France, le principe sur lequel repose le modèle économique de gestion de l’eau est trompeur : « l’eau paye l’eau », dit-on. En réalité, lorsque nous réglons notre facture en tant qu’usagers, ce n’est pas l’eau que nous payons mais le service de l’eau. Instauré par l’Etat dans les années 1990, ce modèle économique est aujourd’hui en crise : les services publics de l’eau doivent faire face à des enjeux multiples et affrontent des coûts non maîtrisables.

Pollutions préoccupantes

Le changement climatique accentue les pressions quantitatives et qualitatives et il affecte en effet profondément le cycle de l’eau qui subit des perturbations majeures à l’échelle planétaire et locale. Ces pressions ont des impacts considérables pour les services publics de l’eau : ils doivent étendre leurs missions et adapter voire renouveler leurs infrastructures, ce qui les place parfois dans des impasses qui révèlent les limites du modèle économique actuel.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le prix de l’eau augmente partout en France, en raison du changement climatique et de coûts croissants de dépollution

L’eau est en effet très fragilisée par les pollutions liées aux activités agricoles, industrielles et domestiques : PFAS, pesticides, nitrates… Ces pollutions préoccupantes entraînent et entraîneront dans les années à venir des coûts colossaux, car il faut assurer la potabilisation de l’eau mais également le traitement des eaux usées : ces solutions curatives nécessaires entraînent des milliards d’investissements pour les collectivités et accentuent les inégalités territoriales.

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