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Histoires Web jeudi, février 27
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Le syndicat Force ouvrière (FO) a décidé, jeudi 27 février, de quitter la table des concertations sur les retraites, une quinzaine de minutes après le début de la première réunion entre partenaires sociaux. « Pour nous c’est terminé. Nous ne participerons pas à cette mascarade où on veut nous faire dire qu’effectivement la seule solution, c’est d’allonger la durée de travail pour les salariés dans ce pays », a lancé le négociateur de FO, Michel Beaugas, en sortant des locaux des services du premier ministre, où se tenait ce rendez-vous.

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Au début de la réunion, une fois tous les participants assis, M. Beaugas a demandé à faire une déclaration liminaire pour annoncer directement son départ, a-t-il dit à la presse. Les autres participants ont poursuivi les discussions. Les partenaires sociaux sont entrés dans la négociation avec la volonté d’abroger la réforme de 2023 et sa mesure-phare, le recul progressif de l’âge de départ de 62 à 64 ans.

« Ni le format, ni le périmètre, ni la méthode [de ces concertations] ne nous conviennent » et la lettre envoyée mercredi soir aux partenaires sociaux par le premier ministre, François Bayrou, pour cadrer les débats « a fini par nous convaincre de ne pas venir », a poursuivi le syndicaliste. François Bayrou a demandé mercredi aux syndicats et au patronat de « rétablir l’équilibre financier de notre système de retraites à un horizon proche », ajoutant qu’il « souhaite fixer cet objectif à l’année 2030 », dans une lettre de mission qu’il leur a adressée.

Cette lettre « est un vrai carcan », qui « réduit le champ des possibles », a ajouté M. Beaugas. Le négociateur de FO a aussi dénoncé une « instrumentalisation » des partenaires sociaux, pour leur « faire porter le chapeau d’un allongement de la durée et de cotisation et d’un recul de l’âge de départ à la retraite ».

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L’obligation de rétablir l’équilibre dans cinq ans oblige les partenaires sociaux à trouver plus de 6 milliards d’euros d’économies supplémentaires, sur la base du rapport remis la semaine dernière par la Cour des comptes, alors que François Bayrou s’était contenté de demander en janvier que les comptes du système de retraites ne soient pas « dégradés ».

Dans un communiqué, FO dénonce encore « le mélange des genres entre régimes de retraite du privé, du public et des régimes spéciaux, des indépendants et des agriculteurs », qui « laisse supposer un projet de retraite universelle par points ». FO souhaite toutefois « que des discussions » soient mises en œuvre dans un autre cadre, notamment « sur l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes », la « reconversion professionnelle » ou la « pénibilité ».

La CGT a demandé de son côté à la Cour des comptes de chiffrer le coût d’un retour à 62 ans, ce que cette dernière n’avait pas inclus dans son rapport publié la semaine dernière.

« Programme de travail » pour les trois mois à venir

Selon un courrier adressé aux participants par l’animateur des débats, Jean-Jacques Marette, les négociateurs auront droit jeudi à un « retour » sur ce rapport et établiront ensuite leur « programme de travail » pour les trois mois à venir. Autour de la table siégeront donc quatre syndicats représentatifs au niveau national (CFDT, CGT, CFE-CGC et CFTC) ainsi que l’UNSA, qui ne l’est pas, et le Medef, la CPME et l’U2P dans le camp patronal ainsi que la FNSEA pour les agriculteurs.

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Parallèlement, lors d’un déplacement au Salon de l’agriculture, l’ex-président François Hollande a dit jeudi qu’il conseillait « vivement » au premier ministre de « rester silencieux » sur les négociations qui ont démarré, et de ne pas rendre « impossible l’exercice » qui est demandé aux partenaires sociaux.

François Bayrou a fait savoir dans son courrier que les parlementaires seraient informés de l’avancée des travaux « à échéances régulières ». Il a promis que si les partenaires sociaux parviennent à un accord pour amender la très impopulaire réforme de 2023, le texte sera soumis au Parlement.

Journée « ports morts » en France

Plusieurs ports français étaient par ailleurs perturbés jeudi en raison d’une opération « ports morts » décidée par la CGT-Ports et Docks, qui réclame des aménagements de la récente réforme des retraites pour les salariés du secteur. « Nous réclamons le respect des engagements sur la non-application aux dockers de la réforme des retraites, promise par le président Macron et Clément Beaune », alors ministre des transports, a déclaré à l’Agence France-Presse le secrétaire général des dockers et portuaires du golfe de Fos, Christophe Claret.

Mardi, le syndicat a adressé une lettre à Emmanuel Macron dans laquelle il réclame l’élargissement du dispositif amiante, permettant à certains dockers de prendre une retraite anticipée. Ce dispositif ne concerne actuellement que les salariés dockers ayant travaillé entre 1980 et 2004 dans neuf ports et court jusqu’en 2027. « L’amiante est toujours présente dans les ports : dans les navires, dans les containers, les marchandises, les hangars, les outillages », écrit le syndicat, qui estime que l’espérance de vie des travailleurs portuaires est inférieure de sept à huit ans à la moyenne nationale.

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Le Monde avec AFP

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