Il a qualifié Volodymyr Zelensky de « dictateur ». Il a accusé l’Ukraine d’avoir prolongé la guerre depuis trois ans, dont l’origine aurait été, à l’en croire, la perspective d’adhésion à l’OTAN offerte à Kiev. Est-ce Vladimir Poutine qui parle ainsi ? Non, Donald Trump. La confusion se comprend au regard de l’incroyable retournement en cours à Washington. Pente illibérale, mépris pour le droit international, aspirations néo-impérialistes, politisation de l’appareil d’Etat, confusion entre intérêts publics et privés, culte du leader dans son camp et dans des médias conservateurs propagandistes : les Etats-Unis se « poutinisent » à grande vitesse. Ce néologisme ne dit pas une stricte équivalence, chaque pays ayant ses ressorts propres et son histoire, mais une contamination, un transfert de culture politique.
Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée fin 1991, l’idée d’une victoire définitive sur le communisme, après des décennies de guerre froide, suscitait une euphorie à Washington. Le modèle libéral triomphait : la démocratie et l’économie de marché allaient de pair, comme les roues d’un carrosse.
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