
Lorsqu’elle a reçu le coup de fil lui annonçant qu’elle avait été désignée pour représenter la France à la Biennale de Venise, il y a un an et demi, Yto Barrada était « ailleurs ». « C’était la veille de la réélection de Trump, confie l’artiste, installée à New York depuis une quinzaine d’années. On était déjà dans un état catastrophique, mais on était mobilisés pour inciter les gens à voter jusqu’à la dernière minute. Donc je n’ai pas tellement eu le temps de me réjouir. » Elle a, depuis, déménagé à Paris. « J’avais très envie de rentrer depuis un moment, pour être plus proche de ma famille, et pour que mes filles, de 20 et 11 ans, passent du temps ici. Ça m’a permis de dire : “On s’en va”. » Au moins pour un an, elle espère plus.
On rencontre la photographe et plasticienne dans un café, en bas de son atelier, boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement, avant de grimper dans ce lieu de travail temporaire, dégoté non sans mal pour préparer son projet vénitien, qui ouvrira début mai. Yto Barrada arrive de bon matin avec le New Yorker en main. « J’aime encore le papier. Je lis la presse tous les jours, une heure, quoi qu’il arrive. »
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