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C’est à une véritable opération de promotion de Vladimir Poutine que s’est livré le présentateur conservateur américain Tucker Carlson, en conversant devant une caméra avec le chef du Kremlin à Moscou, mardi 6 février. La vidéo de cette rencontre, la première du président russe avec un intervieweur occidental depuis l’invasion de l’Ukraine, a été diffusée jeudi : dans ce message de plus de deux heures à l’adresse de l’Amérique et de l’Occident, le président russe affirme qu’une défaite de la Russie contre Kiev est « impossible ».

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« Jusqu’ici, il y a eu les vociférations et les cris sur [la nécessité] d’infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille », a-t-il déclaré à l’ancien animateur star de Fox News, dans une grande salle où les deux hommes étaient assis face à face. « Mais maintenant, ils semblent se rendre compte que c’est difficile à réaliser, voire impossible. A mon avis, c’est impossible par définition. Ça n’arrivera jamais. Il me semble que maintenant ceux qui sont au pouvoir en Occident en sont également conscients », a ajouté le président russe. « Si [cela] a été bien compris, ils doivent réfléchir à la suite. Nous sommes prêts au dialogue », a-t-il assuré. Les propos du maître du Kremlin, qui s’exprimait en russe, étaient doublés en anglais.

Vladimir Poutine a, en outre, affirmé qu’il était possible de trouver un accord pour la libération du journaliste américain du Wall Street Journal Evan Gershkovich, détenu en Russie depuis presque un an. « Je crois qu’un accord peut être conclu », a-t-il dit. « Il n’y a pas de tabou pour régler cette question. Nous sommes prêts à la résoudre, mais certains termes sont en train d’être discutés via des canaux des services spéciaux. »

« Pas d’intérêts en Pologne, en Lettonie ou ailleurs »

Alors que Tucker Carlson, un proche de l’ex-président américain Donald Trump, demandait à Vladimir Poutine s’il pouvait « imaginer un scénario dans lequel [il envoyait] des troupes russes en Pologne », ce dernier a répondu : « Seulement dans un cas de figure, si la Pologne attaque la Russie. » « Nous n’avons pas d’intérêts en Pologne, en Lettonie ou ailleurs. Pourquoi ferions-nous cela ? Nous n’avons tout simplement aucun intérêt (…). Il n’en est pas question », a-t-il ajouté.

Le président russe a, en outre, affirmé que l’élection d’un nouveau président américain, prévue pour le 5 novembre et qui devrait opposer le républicain Donald Trump au démocrate Joe Biden, ne changerait pas les relations entre les Etats-Unis et la Russie.

« Vous venez de me demander si quelque chose changerait si un autre dirigeant arrivait. Ce n’est pas une question de qui est le dirigeant, de la personnalité, d’une personne en particulier », a affirmé M. Poutine.

M. Trump s’est vanté, sans donner plus de précisions, de pouvoir résoudre la guerre en Ukraine en vingt-quatre heures s’il était élu. Le président Biden, qui a qualifié son homologue russe de criminel de guerre, affiche, quant à lui, un soutien inébranlable à Kiev.

Les médias d’Etat russes ont abondamment couvert la visite du présentateur Tucker Carlson, publiant notamment des photos de lui à l’aéroport et au célèbre Théâtre du Bolchoï. Selon le site d’information Semafor, il a aussi rencontré lors de son séjour à Moscou l’informaticien et lanceur d’alerte américano-russe Edward Snowden.

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Le Monde avec AFP

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