Meilleures Actions
Histoires Web samedi, mars 2
Bulletin

Du musée au cimetière, il n’y aurait, selon Tim Burton, qu’un pas. « J’adore ces lieux silencieux, emplis de mystère, incitant à la découverte et à l’introspection, à cheval entre la vie et la mort », confiait le cinéaste, début octobre 2023, lors de l’inauguration d’une exposition à sa gloire, au Musée du cinéma de Turin. La cité piémontaise tendait les bras, si l’on peut dire, à l’auteur d’Edward aux mains d’argent (1990) : avec son suaire, ses sarcophages ou ses carcasses automobiles, Turin allie à merveille le mortuaire et le muséal. A l’image de la Mole Antonelliana, le monumental édifice abritant le Musée du cinéma, aux allures de pagode ou de pyramide. « Cet endroit est l’un des plus fascinants à avoir jamais montré mes travaux », s’enthousiasme, à 65 ans, le réalisateur.

Conçu en 2008 pour le MoMA, à New York, le parcours s’adapte aux mille et une villes qu’il visite, avec plus ou moins de bonheur. Le dôme turinois s’avère particulièrement idoine, tant son musée est rompu, depuis qu’il a ouvert, en 1953, à célébrer les deux versants du cinéma, art et divertissement. Ses vastes espaces, propices aux scénographies spectaculaires, ramènent à la vie les croquis, sculptures, photos et autres archives du farfelu Californien, jusqu’au 7 avril.

Après Halloween et Noël, des visites déguisées sont prévues pour Carnaval, tandis qu’une chocolaterie locale, Novi, régale les visiteurs d’hommages cacaotés à Willy Wonka, l’un des personnages burtoniens les plus goûtés par le grand public. « Nous n’avons eu que six mois pour monter l’expo, mais la fréquentation, record, prouve qu’en Piémont on sait travailler vite et bien », se félicite le président du Musée, Enzo Ghigo, dont l’amour du vélo ferait se pâmer Pee Wee, autre icône burtonienne.

« La technologie détruit l’humanité »

C’est une créature à peine postérieure, Beetlejuice, que le réalisateur s’apprête à ressusciter, trente-cinq ans après le premier volet. « Beetlejuice 2 ne sera pas, à proprement parler, un “sequel”, explicite Tim Burton. Que sont devenus ces personnages, depuis tout ce temps ? Voilà ce que le film creusera. » Ragaillardi par le succès de sa série Mercredi pour Netflix, le Californien ne se berce plus d’illusions sur la fabrique à rêves. « Vous savez, à mes débuts chez Disney, dans les années 1980, j’étais le dernier dessinateur à occuper les bureaux : des cadres prenaient, un à un, notre place, rembobine-t-il. Depuis, les luttes entre artistes et commerciaux n’ont jamais cessé… A mesure qu’ils grossissent, les studios se standardisent. Pour ma part, je me focalise sur le projet que je souhaite mener à bien. Si je me préoccupais du reste, je ne travaillerais plus. »

Il vous reste 30% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.