Le collège-lycée Saint-Stanislas, à Nantes (Loire-Atlantique), le 29 octobre 2025.

L’enseignement catholique de Loire-Atlantique a annoncé, vendredi 29 août, avoir recueilli plusieurs témoignages de violences sexuelles au sein d’un établissement de Nantes entre les années 1950 et 1990, évoquant dix victimes ainsi que cinq prêtres mis en cause, tous décédés aujourd’hui. « Ces faits sont survenus entre 1958 et 1995 précisément, et ils impliquent des prêtres ainsi qu’au moins un membre du personnel éducatif » au collège-lycée Saint-Stanislas, a expliqué lors d’une conférence de presse Frédéric Delemazure, directeur diocésain de l’enseignement catholique de Loire-Atlantique.

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Les témoignages, émanant des victimes ou de leurs familles, décrivent des viols, des agressions sexuelles et des attouchements commis au sein de l’internat et, pour « au moins une victime », des faits survenus lors de vacances organisées par l’établissement.

Les victimes, neuf hommes et une femme, étaient collégiens à l’époque des faits rapportés. « Les périodes concernées, selon ce que l’on sait, sont les suivantes : 1958 à 1978, les années 1980 à 1981, les années 1991 à 1995 », a précisé Frédéric Delemazure. Les faits « ont été signalés à l’autorité judiciaire », a-t-il ajouté.

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« Des sévices épouvantables »

L’évêque de Nantes, Mgr Laurent Percerou, a lancé lors de la conférence de presse un appel à témoignages « avec l’espoir que se fassent connaître celles et ceux qui auraient été victimes d’agressions physiques ou sexuelles à Saint-Stanislas ainsi que dans les établissements scolaires de l’enseignement catholique de Loire-Atlantique ».

Les témoignages évoqués ont été recueillis en février et juin 2025. Trois des dix victimes sont aujourd’hui décédées. La première personne à s’être manifestée a dit avoir été victime de violences sexuelles dans les années 1960, selon le diocèse. « Puis une famille, suite aux révélations et au décès d’un des leurs, nous a demandé que la lumière soit faite. Elle nous a révélé que la victime a[vait] subi, dans les années 1990, des sévices épouvantables au sein de l’internat du collège Saint-Stanislas », a poursuivi M. Delemazure.

D’après lui, depuis 2021 et la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) catholique, l’établissement a été plusieurs fois ciblé par des tags « accusant des hommes d’Eglise de viol ».

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Un travail d’archive va être mené

Le rapport estimait à 330 000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles au sein de l’Eglise. Parmi elles, « 108 000 auraient été agressées dans le cadre de l’enseignement scolaire catholique », rappelait en avril le président de la Ciase, Jean-Marc Sauvé.

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Auprès de l’Agence France-Presse, M. Delemazure a estimé que les deux premiers témoignages recueillis avaient pu être provoqués par le scandale du collège-lycée de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), objet de plus de 200 plaintes d’anciens élèves pour des violences physiques et sexuelles pendant des décennies.

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L’évêque de Nantes et le directeur de l’enseignement catholique ont assuré qu’un travail d’archive allait être mené. « Il est important que nous puissions reconnaître ce qui a dysfonctionné, les causes, ce qui a pu faire que de tels abus ont pu être commis. Les victimes ont besoin d’entendre quel a été le mécanisme. Le rapport Sauvé parle d’une dimension systémique des abus. Quelle est la dimension systémique de ces abus qui ont pu être commis dans un établissement de notre diocèse ? », a interrogé Mgr Percerou. Ce travail d’archive pourrait aussi permettre de « détecter s’il y a eu des choses dissimulées, mises sous le tapis ».

Les faits de violences sexuelles évoqués ne « disent rien de ce qui se vit aujourd’hui à Saint-Stanislas », a par ailleurs souligné M. Delemazure.

Le Monde avec AFP

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