
Un double défi anime la trentaine de viticultrices et viticulteurs de l’association Artisans vignerons de Bourgogne du Sud, dont le lien est d’être tous en bio. D’abord, promouvoir les vins du Mâconnais, une partie de la région moins renommée que les vignes de Beaune et de Nuits-Saint-Georges, dans la Côte-d’Or. Les vignerons n’hésitent pas à parler de vins « moins tapageurs et indéniablement dans l’air du temps ». Comprenez : plus faciles à boire, et beaucoup moins chers que leurs rivaux du nord de la Bourgogne. Il y a en effet de quoi trouver son bonheur parmi les appellations mâcon-villages, mâcon-verzé, mâcon-vergisson, mâcon-chaintré, sans oublier les pouilly-fuissé, les saint-véran, les beaujolais-villages, les saint-amour…
Et puis, il y a un autre défi : pousser le vignoble à devenir bio, et surtout à le rester. Pas simple tant la période est rude, marquée par des aléas climatique. Ainsi 2024 fut difficile et 2025, pire encore. Alors les doutes se multiplient. « Pour ces deux millésimes terriblement compliqués, on a dû faire 15 ou 16 traitements de cuivre contre le mildiou. C’est beaucoup trop, et même une hérésie pour les sols. D’autant que les résultats ont été faibles », confient, inquiets, Vivien Saumaize, 37 ans, et sa sœur Lisa, 32 ans, quatrième génération à la tête du Domaine Saumaize-Michelin, à Vergisson (Saône-et-Loire), 12 hectares en biodynamie depuis 2005. Tous deux sont très clairs : « Si 2026 est aussi catastrophique, on sort du bio et de l’association. »
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