Niché à 2 647 mètres d’altitude dans les montagnes chiliennes, l’observatoire Vera-C.-Rubin s’aperçoit de loin, de la route poussiéreuse qui chemine de façon sinueuse jusqu’au sommet du Cerro Pachon, à 350 kilomètres au nord de Santiago. La lumière éclatante du soleil de janvier se reflète sur la grande structure métallique du dôme, qui s’élève à 40 mètres au-dessus du sol. Le bâtiment ressemble plus au repère du méchant d’un James Bond qu’à un observatoire astronomique de pointe. Et pourtant, à l’intérieur de la coupole, le lieu abrite un télescope unique au monde, qui s’apprête à faire entrer l’astronomie dans une nouvelle ère.
Pendant dix ans, le Vera-C.-Rubin – du nom de l’astronome américaine à qui l’on doit la découverte de l’existence de la matière noire – devra s’acquitter d’une mission inédite, à sa mesure : photographier l’intégralité du ciel austral tous les trois jours. Son entrée en service est prévue d’ici à juin. La pratique du relevé astronomique n’est pas nouvelle, d’autres programmes, comme le Pan-Starrs, à Hawaï, ou le Sloan Digital Sky Survey, au Nouveau-Mexique, ont consacré de nombreuses années d’observation à cataloguer les objets célestes.
Mais le détail et la profondeur de la carte du ciel que les scientifiques doivent obtenir en une décennie avec l’observatoire Vera-C.-Rubin dépassent de très loin tout ce qui a été entrepris auparavant. Un projet gigantesque, né dans l’esprit d’un physicien américain il y a près de trente ans.
« On peut faire beaucoup mieux »
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