
Il fallait bien cela pour atteindre pour la première fois de sa carrière le troisième tour de l’US Open, à New York. La Française Diane Parry, 107e mondiale, a dû batailler pendant 2 h 46, jusqu’au super tie-break de la troisième manche, pour venir à bout, jeudi 28 août, de la Mexicaine Renata Zarazua (82e).
Après un début de match accroché durant lequel elle a concédé sa première mise en jeu, Diane Parry a vite pris les devants et aligné six jeux consécutifs pour remporter la première manche (6-2). Après avoir de nouveau laissé filer son service au début du deuxième set, l’ancienne numéro un mondiale junior a semblé rejouer la même partition en recollant à 2 jeux partout. Mais cette fois, Renata Zarazua – tombeuse au premier tour de l’Américaine Madison Keys, vainqueure de l’Open d’Australie en début d’année – n’a pas craqué et a enchaîné les jeux pour égaliser à une manche partout (6-2).
Dans le troisième set, le suspense fut cette fois total, les deux joueuses remportant tour à tour leurs services pour aboutir à un tie-break riche en rebondissements. Parry a très vite pris les devants (8-3), mais a dû subir un nouvel assaut de Zarazua, qui a quasiment recollé (8-7), portée par les encouragements d’un public largement acquis à sa cause.
Adepte des longs échanges, la Mexicaine est un petit gabarit (1,60 m) qui compense son manque de puissance par sa couverture du terrain et sa capacité à imprimer un faux rythme aux échanges. Pour s’en débarrasser, la Française de 22 ans a usé du revers slicé et cherché régulièrement les lignes en coup droit pour la déborder. Le souffle qu’elle a lâché à l’issue de sa victoire (9 points à 7) en disait long sur son soulagement après ce duel éprouvant.
Durant ce jeu décisif, « j’ai essayé de donner le max sur chaque point, de jouer le plus juste possible, même si ce n’était pas forcément le meilleur niveau de jeu à la fin », a commenté la Française. La Niçoise peut maintenant se concentrer sur son troisième tour – face à l’Ukrainienne Marta Kostyuk (28e mondial) –, une altitude qu’elle a déjà connue dans les trois autres tournois du Grand Chelem.
Royer à la hauteur de l’événement
L’autre Français du jour en lice, Valentin Royer, s’est lui arrêté au deuxième tour. Titulaire d’une invitation à New York, il avait fait forte impression au premier tour en repoussant, en trois petits sets, le Chinois Bu Yunchaokete (74e). Opposé au Canadien Denis Shapovalov (29e), Royer s’est, une nouvelle fois, montré à la hauteur de l’événement, même s’il a fini par plier, 6-7 (6/8), 6-3, 6-7 (4/7), 3-6.
En présence d’un client sérieux sur dur, le Français s’est appuyé sur son puissant gabarit (86 kg pour 1,88 m) pour tenter de diriger l’échange et de jouer très long. Il a breaké son adversaire dans les trois premiers sets, mais s’est fait remonter dans deux d’entre eux, pour finir par perdre chaque tie-break (première et troisième manches)
« J’aurais pu un peu plus lâcher mes coups à certains moments », a regretté Valentin Royer, qui s’est dit « très déçu ». « J’étais un peu trop poussif au lieu d’être agressif », a-t-il analysé. « Ça se joue à des détails », a-t-il ajouté, « la gestion du bruit [le public soutenait majoritairement Shapovalov], des émotions, savoir quand temporiser, quand attaquer. »
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Le Français a fini par céder au quatrième set, durant lequel il s’est fait masser l’épaule droite. « C’est une petite alerte, mais ce n’est pas cela qui a fait que j’ai perdu le match », a-t-il estimé.
Sinner sur sa lancée
Du côté des favoris du tournoi, le numéro un mondial, Jannik Sinner, a, lui, fait forte impression lors de ce deuxième tour, à la différence de la Polonaise Iga Swiatek, également qualifiée malgré un trou d’air.
Malgré une première balle défaillante (51 % seulement de réussite), l’Italien s’est défait avec facilité de l’Australien Alexei Popyrin (36e) en trois sets (6-3, 6-2, 6-2). Déjà impérial au premier tour, le vainqueur de Wimbledon a neutralisé le grand gabarit de 1,96 m sans jamais trembler.
En deux matches, Sinner a passé à peine 3 h 40 sur le terrain, un démarrage idéal dans la perspective d’un tournoi qui s’étale sur deux semaines. Au troisième tour, le joueur, quatre fois sacré en Grand Chelem et tenant du titre, affrontera Denis Shapovalov.
L’Allemand Alexander Zverev (3e) n’a pas tremblé face au Britannique Jacob Fearnley en s’imposant 6-4, 6-4, 6-4. L’Italien Lorenzo Musetti (10e) n’a, lui, laissé que six jeux (6-4, 6-0, 6-2) au Belge David Goffin (80e). Quant au Russe Andrey Rublev (15e), il a dû ferrailler quatre sets contre l’Américain Tristan Boyer (113e), invité par les organisateurs.
Venus Williams s’impose en double
Après un premier tour expéditif, la Polonaise Iga Swiatek était partie sur les mêmes bases face à la Néerlandaise Suzan Lamens (66e mondiale), balayée 6-1 au premier set sans afficher le moindre point gagnant. Mais alors que le deuxième acte semblait prendre le même chemin (break à 1-1 pour Swiatek), la sextuple vainqueure en Grand Chelem a connu un relâchement soudain. Son service s’est grippé et ses trajectoires sont devenues incertaines alors qu’elle semblait pressée de conclure.
A l’aise sur dur, sa surface favorite, Lamens a cherché à bouger son adversaire, a soigné sa mise en jeu et commis peu d’erreurs, l’emportant 6-4. « Je me suis probablement un peu tendue dans le deuxième set », a admis Swiatek. L’ancienne numéro un mondiale a retrouvé ses esprits dans la troisième manche et a écarté la Néerlandaise (6-4). « Ce n’était pas un match facile », a encore reconnu la Polonaise. « J’ai fait des erreurs, mais je suis contente d’avoir été proactive » pour faire la différence. Au troisième tour, elle a rendez-vous avec la Russe Anna Kalinskaya (29e mondiale).
Quant à la double lauréate de l’US Open (2018 et 2020) Naomi Osaka, en pleine progression, elle s’est tranquillement imposée devant l’Américaine Hailey Baptiste (6-3, 6-1). Après sa victoire laborieuse au premier tour, Coco Gauff (Etats-Unis, 3e) s’est, elle, rassurée en disposant de la Croate Donna Vekic (7-6 [7/5], 6-2).
Autre fait du jour, l’Américaine Venus Williams a franchi un tour dans le tournoi de double féminin de la compétition, à 45 ans, trois jours après son élimination en simple. Sa paire formée avec la Canadienne Leylah Fernandez (30e joueuse mondiale) s’est en effet imposée 7-6 (7/4), 6-3 face au duo composé de l’Australienne Ellen Perez et de l’Ukrainienne Lyudmyla Kichenok, tête de série numéro 6 du tableau.