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L’Union européenne a réclamé, lundi 29 janvier, un audit sur le fonctionnement de l’Agence de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), après les accusations sur la possible implication de certains de ses employés dans l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël. « Nous leur demandons d’accepter qu’un audit soit mené par des experts indépendants, choisis par la Commission européenne », a affirmé son porte-parole, Eric Mamer.

La Commission européenne a précisé dans un communiqué qu’elle déciderait ou non de suspendre son financement à l’UNRWA, « à la lumière de l’issue de l’enquête annoncée par l’ONU et les actions qu’elle prendra ». Elle a ajouté qu’aucun paiement n’était prévu jusqu’à fin février. « Il est absolument normal que nous réclamions que ces allégations soient clarifiées et fassent l’objet d’une enquête alors que nous sommes l’un des principaux donateurs » d’aide humanitaire et au développement pour les Palestiniens, a ajouté M. Mamer.

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Sur la base d’informations fournies par Israël, l’ONU a fait savoir vendredi que douze salariés de l’UNRWA étaient soupçonnés d’avoir participé à des « actes présumés odieux » lors de l’attaque du Hamas sur le sol israélien.

Dix pays ont pour l’instant suspendu leurs financements

Dix pays ont jusqu’ici annoncé suspendre tout financement futur à l’agence onusienne. Les Etats-Unis avaient immédiatement annoncé vendredi l’arrêt temporaire de toute contribution financière future, suivis par le Canada, l’Australie, l’Italie, le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Japon et l’Autriche.

La Suisse a, de son côté, fait savoir qu’elle attendait d’avoir plus d’informations avant de prendre une décision sur ses aides à l’UNRWA, de même que la France, qui a toutefois annoncé dimanche qu’elle ne prévoyait pas de « nouveau versement » à l’agence pour le premier trimestre de l’année. La Norvège a, en revanche, informé qu’elle maintenait son financement.

Israël, qui espère « faire cesser » toutes les activités de l’agence, a affirmé vouloir s’assurer que l’UNRWA « ne fera pas partie » de la solution dans le territoire palestinien après la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. Pour l’Autorité palestinienne, l’UNRWA a au contraire besoin d’« un soutien maximal » et « non qu’on lui coupe soutien et assistance ».

Services et opérations en péril « au-delà de fin février »

« Si le financement n’est pas rétabli, l’UNRWA ne sera pas en mesure de poursuivre ses services et ses opérations dans la région, notamment à Gaza, au-delà de fin février », a déclaré un porte-parole de l’UNRWA, selon Reuters. L’agence onusienne s’est séparée des employés mis en cause.

L’UNRWA, fondée en 1949 à la suite de la première guerre israélo-palestinienne, aide les réfugiés palestiniens en matière de santé, d’éducation, d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, en Syrie et au Liban. Ses principaux donateurs, selon la liste de 2022, sont les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Union européenne.

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Son rôle est déterminant dans l’assistance aux populations de la bande de Gaza, sous le feu de l’armée israélienne depuis le 7 octobre 2023. L’attaque du Hamas sur le sol israélien a entraîné la mort d’environ 1 140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l’Agence France-Presse réalisé à partir de chiffres officiels israéliens. En riposte, Israël a juré d’« anéantir » le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, et lancé une vaste opération militaire ayant fait 26 422 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le dernier bilan du ministère de la santé du mouvement islamiste.

Le Monde avec AFP et Reuters

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