Le 2 septembre 1929, le fabricant britannique de savon Lever Brothers convolait avec le producteur néerlandais Margarine Unie pour donner naissance à Unilever. Pendant près de cent ans, le conglomérat a préservé à la fois sa double nationalité anglo-néerlandaise et sa double culture, mêlant hygiène (Dove, Rexona, Omo…) et agroalimentaire (Knorr, Hellmann’s, Amora…). En 2020, cependant, Unilever a abandonné son siège social de Rotterdam pour ne garder que celui de Londres. Et voilà qu’il songe à rendre son tablier de cuisine afin de passer plus de temps dans la salle de bains.
Le géant britannique a reconnu, vendredi 20 mars, avoir « reçu une offre non sollicitée pour son activité alimentation et être en pourparlers avec McCormick & Company ». Si elle allait à son terme, cette cession, estimée à plus de 30 milliards de dollars (26 milliards d’euros), marquerait un tournant majeur pour l’industriel britannique qui se séparerait d’un quart de ses ventes.
Unilever est sous pression pour trouver la bonne recette stratégique, depuis l’offre publique d’achat hostile avortée de l’américain Kraft Heinz en 2017, suivie par l’irruption à son capital de l’activiste américain Nelson Peltz, en 2022. Ces dernières années, le conseil d’administration, où siège désormais M. Peltz, a été largement renouvelé. Trois PDG se sont même succédé à la barre depuis le départ, en 2019, de l’emblématique Paul Polman.
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