Carole D. et Amélie D., mère et fille, ont été condamnées, vendredi 27 mars, à respectivement quinze et vingt ans de prison par la cour d’assises de Vendée, pour avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de la jeune femme, Enrique B, partie civile au procès. Amélie D., la fille, a également été reconnue coupable de tentative de meurtre pour avoir saboté les freins de sa voiture.
Le procès avait commencé mercredi 25 mars. Vendredi dans la matinée, l’avocate générale avait requis vingt ans de prison pour les deux accusées, âgées de 62 et 37 ans, évoquant un « projet criminel digne d’un scénario de film » et leur « volonté de tuer ».
Le premier empoisonnement remonte à 2021. Amélie D. a reconnu avoir servi à son compagnon une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d’alprazolam, un anxiolytique. Carole D., la mère, a avoué avoir broyé les comprimés. Enrique B., 42 ans, n’a plus de souvenir de sa journée.
Vient ensuite l’aconit, une plante toxique, saupoudré sur un plat de chili con carne. Enrique B. se rappelle avoir eu des « fourmis dans la bouche » et des frissons dès les premières bouchées. Il « croit mourir » ce jour-là. Il y aura aussi le ricin, glissé dans un paquet de tabac et dans un sachet d’olives, qu’Enrique B. n’a finalement pas consommé.
Inspirée de « Breaking Bad »
Amélie D., qui comme sa mère a reconnu les faits, était en larmes à l’énoncé du verdict. Aux enquêteurs, la jeune femme a expliqué s’être inspirée de plusieurs séries télévisées : l’aconit, elle l’a vu dans un épisode de You ; le ricin, dans une scène de Breaking Bad.
Carole D. a affirmé avoir agi pour aider sa fille, pour que celle-ci soit « tranquille ». Lors du procès, les deux accusées ont qualifié leur relation de « fusionnelle ».
En couple depuis la fin des années 2010 jusqu’au début de l’enquête, en 2023, Amélie D. et Enrique B. disent tous les deux avoir subi des violences conjugales. Peintre en carrosserie, Amélie D. travaillait, dit-elle, dans un « milieu d’hommes » provoquant une « jalousie excessive » chez son compagnon, a-t-elle dit, mercredi. Elle-même se décrit comme « jalouse » et « possessive ».
Selon la victime, Amélie D. avait l’intention de « récupérer » leur maison achetée près de La Roche-sur-Yon. « Ça a pu apparaître dans mon esprit, mais ce n’était pas le motif principal », a-t-elle affirmé aux enquêteurs. La cour d’assises a aussi prononcé à son encontre un suivi sociojudiciaire de cinq ans.




