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Une colonie de roussettes des palmiers africaines (Eidolon helvum), dans une forêt du parc national de Kasanka (Zambie), en novembre 2020.

En une nuit, les colonies de roussettes des palmiers africaines, de grandes chauves-souris frugivores, peuvent disperser des centaines de milliers de graines à travers différents paysages. L’anguille d’Europe, capable de rallier la mer des Sargasses depuis les côtes de l’Atlantique nord-est pour frayer, joue un rôle central dans le fonctionnement des écosystèmes d’eau douce. Le jaguar, le plus grand mammifère d’Amérique, a perdu 40 % de son habitat en un siècle.

Ces espèces ont en commun de franchir régulièrement les frontières : pour la première fois, un rapport onusien se penche sur leur état de santé et propose des pistes pour l’améliorer. Il est publié, lundi 12 février, à l’occasion de l’ouverture à Samarcande, en Ouzbékistan, de la 14e Conférence des parties (COP14) de la convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS, appelée aussi Convention de Bonn). Ce traité, signé par 133 Etats, liste dans ses deux annexes 1 200 espèces menacées ou en état de conservation défavorable et ayant besoin d’être protégées par le biais d’une coopération entre pays. Il existe, au total, 4 508 espèces migratrices ayant fait l’objet d’une évaluation mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« L’histoire des espèces migratrices est une histoire de déclin », résume Kelly Malsch, autrice principale du rapport et responsable du programme espèces du Centre mondial de surveillance pour la conservation de la nature. Parmi toutes celles inscrites dans les annexes, une sur cinq est menacée d’extinction et 44 % voient leur population décliner.

Urbanisation

« Beaucoup d’entre elles sont iconiques, comme les requins, les gorilles, beaucoup de baleines et d’oiseaux, des tortues, les dauphins, souligne Amy Fraenkel, la secrétaire exécutive de la CSM. Elles sont une source de revenus pour le tourisme, de nourriture aussi, elles participent à la pollinisation, transportent des nutriments, contribuent à la séquestration du carbone. L’idée que l’on pourrait perdre ces espèces devrait provoquer un sursaut. »

D’autres chiffres sont encore plus frappants : sur les 58 poissons répertoriés, la quasi-totalité (97 %) risque de disparaître, leurs populations ayant décliné en moyenne de 90 % depuis 1970. Les reptiles sont également particulièrement menacés, alors que d’autres groupes se portent mieux. « Si la proportion d’oiseaux et de mammifères menacés semble plus petite (en raison du grand nombre d’oiseaux et de mammifères répertoriés dans l’ensemble des annexes), ces pourcentages représentent tout de même un grand nombre d’espèces [134 d’oiseaux et 63 de mammifères] qui nécessitent une action de conservation », précisent les auteurs. Le seul insecte figurant dans les annexes est le papillon monarque.

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