Histoires Web samedi, février 28

Les solutions avancées par le gouvernement pour répondre à la grave crise agricole que traverse notre pays révèlent notre incapacité à sortir du cercle vicieux dans lequel agriculteurs et consommateurs se trouvent enfermés. Une grande part du malaise qui affecte la profession s’explique par la concurrence déloyale exercée par des pays qui produisent selon des standards environnementaux, sanitaires et sociaux très éloignés des nôtres, comme l’explique Marine Colli dans Notre assiette mondialisée (Editions Revoir, 2025).

Pourtant, nos responsables politiques ne jurent que par l’amélioration de la « compétitivité » du secteur, qui passe selon eux par l’abaissement des normes, un usage accru des pesticides, l’augmentation des rendements et l’agrandissement des exploitations. Un tel raisonnement est gravement erroné.

En effet, cette politique fait une impasse totale sur les effets désastreux du modèle agro-industriel sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, la cohésion sociale et l’économie. De même que le produit intérieur brut est un indicateur bien trop fruste pour juger de la santé écologique et sociale d’une nation, la compétitivité, réduite à la compétitivité-prix, ne peut pas être l’unique critère permettant d’estimer la performance globale d’un secteur. Or nous disposons de dispositifs de mesure qui nous permettent de mettre en évidence les coûts cachés de nos pratiques industrielles et agricoles. Un autre système agroalimentaire est possible.

Au Salon international de l’agriculture, à Paris, le 23 février 2026.

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