
« Générateurs d’énergies nouvelles », annonce de manière prémonitoire l’écriteau posé à l’entrée du Consulat, cette ancienne station électrique de l’avenue Parmentier (Paris 11e) transformée en un centre culturel hybride. Quand, ce jour de février, elle entre, légèrement en retard, dans le bar-hangar, vêtue d’une toque et d’un manteau en fausse fourrure blanche, « énergie » est le premier mot qui nous vient. Yael Naim sourit et, sans hésiter, nous enlace. Simple. Solaire. Le titre de son album sorti en février et lancé ici, au Consulat.
Si ce lieu lui est cher, c’est qu’il accueille depuis plusieurs mois le restaurant Sababa, le goût de la paix, créé par un Palestinien et un Israélien. Radjaa Aboudagga et Edgar Laloum viennent d’ailleurs saluer Yael, en apportant des mezze colorés aux parfums d’ailleurs. « Ici, c’est l’endroit de ceux qui ne veulent pas choisir un camp, de ceux qui n’ont pas trouvé leur place », lancent-ils.
« C’est tellement ça ! », rétorque l’artiste franco-israélienne, les yeux brillants. Elle trempe un bout de baguette dans du houmous, « le plat qui réunit les peuples », trinque avec son smoothie, regarde autour d’elle : « Des lieux comme celui-là sont essentiels, il raconte que d’autres narratifs sont possibles. Il parle aussi du rôle politique qu’a pour moi la musique. » Dans la chanson Rabbit Hole, Yael Naim a imaginé un face-à-face entre deux personnes nées pour se haïr : « I hated you cause they told me to/ You hated me cause they moulded to » (« je te détestais car ils m’ont dit de le faire/ tu me détestais car ils t’ont façonné pour »). Comment échapper à ce piège ?
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